Djasans
Patois Jurassien

Djasans Patois Jurassien

Publié dans le Quotidien Jurassien le 27 février 2026

Les dries saicrements

Lai Fidélia bèye le catéçhisme èt elle le bèye bÏn. Èlle é cheuyè des coués è Sïnt-François. Des éyeuves, èlle n’en é pe brament, sept, heute, pe pus. Ç’ nât p’ cment les régents qu’aint des tyaisses de vingt-cïntye è trente.

Les afaints sont contents. Ès aipprenant ç’ que ci Dûe d’aimoé é fait po yos. Ès r’méçhiant, ès tchaintant, ès graiyonnant, ès écoutant d’ lai musitye, ès baittant des mains, èt meinme, des côps, ès dainsant. Les poirents sont contents de voûere tot l’ pyaiji qu’yos afaints aint de rittaie â catéçhisme. Le tiurie ât content de poéyait comptaie chu ènne dgen cment lai Fidélia. Tot l’monde y trove son compte èt l’ môtie d’moère ât moitan di v’laidge.

Âdjd’heû, èlle veut djâsaie des saicrements. Ç’ nât p’aijie è compâre, meinme po les aidultyes. Aiprés aivoi grotè d’échpityaie ç’ que ç’ât qu’ïn saicrement, èlle yôs d’mainde :
- Ât-ce que vôs saites, les afaints, cobïn qu’è y é d’ saicrements ?
Le ptèt Nicolas se drasse cment ïn ressoûe :
- Mains, Daime, è n’y en é pus.
- Cment çoli qu’ è n’y en é pus ?
- Le tiurie é bèyie les dries è mai grant-mére lai snainne pésssèe.


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Les derniers sacrements

Fidélia donne le catéchisme et elle le donne bien. Elle a suivi des cours à Saint-François. Elle n’a pas beaucoup d’élèves, sept, huit, pas plus. Ce n’est pas comme les instituteurs qui ont des classes de vingt-cinq à trente.

Les enfants sont contents. Ils apprennent ce que ce Dieu d’amour a fait pour eux. Ils remercient, ils chantent, ils dessinent, ils écoutent de la musique, ils battent des mains, et même parfois ils dansent. Les parents sont contents de voir tout le plaisir que leurs enfants ont de se rendre au catéchisme. Le curé est content de pouvoir compter sur une personne comme Fidélia. Tout le monde y trouve son compte et l’église reste au milieu du village.
Aujourd’hui, elle aborde les sacrements. C’est un thème difficile, même pour les adultes. Après avoir tenté une définition du sacrement, elle demande :
- Est-ce que vous savez, les enfants, combien il y a de sacrements ?
Le petit Nicolas se dresse comme un ressort :
- Mais, Madame, il n’y en a plus.
- Comment ça, il n’y en a plus ?
- Le curé a donné les derniers à ma grand-mère la semaine passée.


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