Publié : 24 juillet 2015

Surprise, étonnement

Ébâbéch’ment, récâméch’ment

Paru dans LQJ du 24 juillet 2015

Ébâbéch’ment, récâméch’ment

Comment notre patois exprime-t-il la surprise et l’étonnement. Chorpris et ses variantes ne présente pas grand intérêt, car trop proche du français. Ce n’est autre que le mot surpris patoisé.

Voici, en revanche, d’autres mots ou expressions plus authentiques, attestés autant par l’usage que par les glossaires. I seus ébâbi de savoi qu’èl ât moûe. Je suis étonné de savoir qu’il est mort (Simon Vatré). Ébâbi dérive du verbe français ébaubir, aujourd’hui sorti de l’usage, mais qu’on trouve chez Molière et chez Mme de Sévigné. Etymologiquement, le verbe ébaubir, étonner, vient du latin balbus, bègue. Peut-être a-t-on tendance à bégayer sous l’effet de la surprise. Ébâbi a un synonyme : écâmi. Çtu qu’ât aivu l’pus écâmi, ce feut moi. Celui qui a été le plus étonné, ce fut moi.

Une rumeur malveillante chuchotée de bouche à oreille peut provoquer une surprise proche de l’incrédulité :

- Vôs saites, çte Filélia, èlle ât oblidgie de s’mairiaie.

- Ç’que vôs dites ! nian, mains, ç’ât des mentes.

- Vous savez, Filélia, elle est obligée de se marier.

- Ce que vous dites ! Non mais, c’est une blague !

Rappelons qu’autrefois, être obligée de se marier, pour une fille, c’était tomber enceinte. Au regard de la morale et de l’opinion, seul le mariage pouvait sauver le déshonneur et faire taire les médisances.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

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La chronique patoise du QJ en direct :

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