Publié : 8 décembre 2016

Saint Martin

Sïnt Maitchïn

Jean-Marie Moine, Arc Hebdo décembre 2016

Sïnt Maitchïn

Ât- ç’ qu’ vôs èz t’aivu l’ meinme piaîji qu’ moi, l’ âtre djoué, che vôs èz vu ènne émichion en lai laiv’ïnmaîdge, chus lai vétçhainche de sïnt Maitchin ? Vôs saîtes tus qu’ sïnt Maitchïn ât l’ paitron di môtie d’ Mont’gnez. Dâli, tiaind qu’ i aî vu ç’t’ émichion, i m’ seus musè en nôte tiurie l’ aibbé Monn’rat qu’ nôs r’contait ïn pô ç’ qu’ aivait fait ci sïnt hanne…, tot en nôs môtraint les ïnmaîdges des vitrés d’ nôte môtie. Sïnt Maitchïn naché en 316 dains ïn yûe di dainubïn paiyis. È d’vïnt soudaît è tçhïnje ans pe feut baptoiyie tiaind qu’ èl eut déj’heûte ans è Aimyïns. Ç’ ât poi li qu’ è copé son grôs mainté d’ ïn côp d’ échpée en doûes pieces pe l’ paitaidgé daivô ïn poûere hanne que meurait d’ fraid. Bïn chur qu’ â môtie d’ Mont’gnez, yun des vitrés môtre ç’te sceinne di paitaidge di mainté. I peus vôs dire que tiaind qu’ nôs étïns afaints, ç’ ât chutôt çoli qu’ nôs piaîjait, qu’ nôs ainmïns voûere…Sïnt Maitchïn aibain-d’né lai romainne aîrmèe è vinte-dous l’ans po s’ viaie en ènne aiscétitçhe vétçhainche. Èl oriné l’ premie moinnaichtére de tot l’ Occhideint è Ligugé (en Fraince, d’ lai sen d’ Poitie).
È d’vïnt évêtçhe de Tours en 372. Son épichcopat maîrtçhe lai tronche di chrichtoûenichme dains l’ ouèchte d’ lai Gailie. Ses michionnéres toénèes aiboutéchant en l’ ouerganijâchion des permieres rurâs bairoitches.Atiun sïnt n’ était pus dgèpâ dains lai véye Fraince. Èl é bèyie son nom en des ceintainnes de bairoitches pe en ïn grôs nïmbre de tçheûmunes.L’ djoué d’
l’ émichion, nôs ains poéyu âchi se r’trovaie daivô dous Philippe de Mont’gnez. Yun d’ yôs, ç’tu d’ lai Paulette, nôs é môtrè âtçhe que raipp’lait sïnt Maitchin, â môtie di v’laidge. Ç’ ât ïn r’litçhére que contïnt ïn ochlat d’ sïnt Maitchïn. L’ tiurie Monn’rat l’ échquepôjait des côps chus l’ âtèe di môtie, obïn l’ preujentait és dgens po qu’ ès l’ embraicheuchïnt. I me ch’vïns bïn d’ çoli… Ïn âtre Philippe, ci « Bïmbo », nôs é ébredè d’vaint l’ houre. An se r’trovait tot d’ ïn côp dains lai tieujainne laivoù qu’ tot l’ monde s’aiffaire po aipparayie totes ces boinnes tchôses qu’ an maindg’ront l’ djoué d’ lai Sïnt-Maitchïn : aindoéye, boudïn, … ! L’ émichion s’ finéché poi quéques ïnmaîdges d’ lai féte è Poérreintru. Li, ïn bémô po fini ç’te bèlle preujentâchion ; des ïncoégnus s’ sont botè è tchaintaie ènne tchainson qu’ n’ aivait ran è voûere daivô la féte d’ lai Sïnt-Maitchïn. È dire qu’ nôs ains ïn che bé tchaint en patois « Lais Saint-Maitchïn » d’ ci Lucien Lièvre pe de ç’t’ Emile Sanglard !

J-M. Moine

Saint Martin

Avez-vous eu le même plaisir que moi, l’autre jour, si vous avez vu une émission à la télévision, sur la vie de saint Martin ? Vous savez tous que saint Martin est le patron de l’église de Montignez. Alors, quand j’ai vu cette émission, j’ai pensé à notre curé l’abbé Monnerat qui nous racontait un peu ce qu’avait fait ce saint homme…, tout en nous montrant les images des vitraux de notre église. Saint Martin naquit en 316 dans un endroit du pays danubien. Il devint soldat à quinze ans et fut baptisé quand il eut à dix-huit ans, à Amiens. C’est par là qui coupa son grand manteau d’un coup d’épée en deux pièces et le partagea avec un pauvre homme qui avait froid. Bien sûr qu’à l’église de Montignez, l’un des vitraux montre cette scène du partage du manteau. Je peux vous dire que quand nous étions enfants, c’est surtout cela qui nous plaisait, que nous aimions voir… Saint Martin abandonna l’armée romaine à 22 ans pour se vouer à une vie ascétique. Il fonda le premier monastère de tout l’Occident à Ligugé (en France, du côté de Poitiers) Il devint évêque de Tours en 372. Son épiscopat marque le triomphe du christianisme dans l’ouest de la Gaule. Ses tournées missionnaires aboutissent à l’organisation des premières paroisses rurales. Aucun saint n’était plus populaire dans la vieille France. Il a donné son nom à des centaines de paroisses et à un grand nombre de communes. Le jour de l’émission, nous avons aussi pu nous retrouver avec deux Philippe de Montignez. L’un d’eux, celui de la Paulette, nous a montré quelque chose qui rappelait saint Martin, à l’église du village. C’est un reliquaire qui contient un petit os de saint Martin. Le curé Monnerat l’exposait parfois sur l’autel de l’église, ou bien le présentait aux gens pour qu’ils l’embrassent. Je me souviens bien de cela…Un autre Philippe, ce « Bimbo », nous a alléchés avant l’heure. On se retrouvait soudain dans la cuisine où tout le monde s’affairait pour préparer ces bonnes choses qu’on mangera le jour de la Saint-Martin : saucisse, boudin,… ! L’émission s’acheva par quelques images de la fête à Porrentruy. Là, un bémol pour terminer cette belle présentation ; des inconnus se sont mis à chanter une chanson qui n’avait rien à voir avec la Saint-Martin. Et dire que nous avons un si beau chant en patois « La Saint-Martin » de Lucien Lièvre et d’Emile Sanglard.

J-M. Moine