Publié : 30 mai

Thèse de Mme Aurélie Reusser-Elzingre

Consulter l’annonce de parution de la thèse
 

Possibilité de télécharger en PDF, mais mieux vaut se la procurer auprès des éditions Alphil

Aurélie Reusser-Elzingre, est maîtresse d’enseignement à l’Université de Neuchâtel. Elle consacre ses travaux de recherche à la littérature orale issue de la tradition populaire et des dialectes locaux. En parallèle, elle intervient dans les classes auprès des enfants et des jeunes sur les stéréotypes de genre et les relations de couple. C’est donc avec bonheur et humour qu’elle allie ses deux passions dans cet ouvrage. Elle est l’auteure de deux autres livres aux Éditions Alphil : Contes et légendes du Jura : Transmission d’un patrimoine linguistique et culturel, qui est issu de sa thèse de doctorat, et Vouivres, sorcières, grimoires et loups-garous, un recueil de contes et légendes (illustrations de Denis Kormann).

Auteur(s) : Reusser-Elzingre Aurélie
Contes et légendes du Jura

Transmission d’un patrimoine linguistique et culturel

« Il était une fois une vieille femme, vérolée par l’âge, qui vivait seule dans une masure délabrée à l’orée du village. Un jour on la vit arriver au bal de la Saint-Martin. Personne ne voulait danser avec elle. Un jeune homme pourtant l’invita. À mesure qu’elle tournait, la danseuse rajeunissait. Tout le monde se demandait qui était cette belle personne aux longs cheveux noirs et au tablier bleu qui voletait autour d’elle… »
Voici une des nombreuses légendes qui constituent le corpus de base de cet ouvrage. Celui-ci met en exergue une collecte de contes en patois récoltés par Jules Surdez au début du xxe siècle. Ces textes, en édition bilingue, permettent à l’auteure de discuter de manière approfondie de concepts-clés tels que « patrimoine », « tradition », « authenticité », et de développer des réflexions sur le rôle du dialectologue dans le processus de patrimonialisation linguistique et culturel. Des enquêtes sociolinguistiques réalisées dans le Jura viennent nourrir le débat autour de la disparition et de la valorisation des parlers franc-comtois. Ces développements imposent une distance entre le chercheur et son objet, tout en inscrivant la recherche dans une histoire des dialectes et de leur transmission. À ce titre, ils sont exemplaires et devraient être médités par plus d’un historien et d’un philologue. Un riche glossaire expliquant le sens et l’origine de termes spécifiques renforce cette édition et cette réflexion épistémologique.