Par : Fleury LJ
Publié : 21 novembre 2014

La démission

Lai débote

Jean-Marie Moine

Lai débote

Qué dôb’rie ât-ç’ que ch’coûe les meudias d’ âdjd’heû po nôs chubmèechiaie de débotes,
d’ aibdicâchions, d’ aibaindons …, etc. ? Mains, ch’ bïn ch’vent les feuyichtes djâsant d’ çoli, ès se r’fujant è nôs dire poquoi qu’ nôte bôle de tiere se trove mit’naint dains ènne tâ chituâchion. Ch’ ès le f’sïnt, ès dairïnt aittiujaie lai saicro-sïnte iconanmie, l’ ïneur’jippyibye aimoué des sôs, des yeûjis, di bïn-étre, de l’ aîjietè qu’ nôs aint aippoétchè les trente yoûerioujes. En ci temps-li, l’ drèt é péssè d’vaint le d’voit, l’ aimuj’ment d’vaint l’ traivaiye, lai glôriôle d’vaint le s’né. N’ rébians p’ non pus l’ airrivichme des chires, des èffrountès pe des otretiudaints, â dietrément des sïmpyes è hannêtes dgens.

Des éjempyes, an les trove en lai pâle. Ces d’ries temps, i aî yét qu’ des raicodjaires aivïnt tot piein di mâ d’ faire yôte traivaiye daivô des mâ éy’vès l’ éyeuves (nôs n’ sons p’ laivi d’ lai yibre échtâbyujâchion des bèchtiaus… !) Çoli n’ m’ ébâbât p’ : l’ écôle dait nian p’ ran qu’ïnchtrure les afaints, mains encoé se chubchtituaie és pairents po les aiyeûtchie. En pus
d’ çoli, tiaind qu’ ïn raicodjaire peunât ïn éyeuve, lai révoûe dait étre aiyeutchive, ïnchtruc-chive. Ç’ ât ç’ qué dit ïn (obïn ènne) hât(e) diridgeou(je) d’ lai pubyique l’ Ïnchtrucchion. Poidé, po ces p’téts soitchireûs, ran n’ ât prou bon. I airôs bïn v’lu ôyi ci (obïn ç’te) menichtre me dire çoli, tiaind qu’ i ensoingnôs â Loûeçhe. Ènne vâprèe, i ne d’vôs aivoi dains ènne çhaiche, ran qu’ des éyeuves de Neûtchété. I n’ sais pus ç’que s’ péssait ci djoué-li dains
l’ béche di cainton, mains ces p’téts frelutçhèts d’ vinte ans [paidgeon : bïntôt des ïndgé-nieus !] m’ aivïnt aiv’tchi : « Ç’ n’ ât p’ lai poinne qu’ vôs v’nieuchïns ç’te vâprèe-li po bèyie vôt’ euy’çon. Nôs n’ v’lans p’ étre li ! » I yôs dié tot sïmpyement qu’ i n’ aivôs p’ de réjon de n’ p’ étre li, pe qu’ ch’ ès n’ vegnïnt p’, i enr’dgichtrerôs yôs mâdjeûtes aibseinches, è qu’ i en ïnfram’rôs l’ diridgeou. I m’ raivise que tot d’ pai moi, dains lai çhaiche, di temps d’ ces y’çons, i défâtôs des d’voits chus lai prechion qu’ éjèrchait l’ âve chus les poûetches d’ ènne étiuje. Â diridgeou qu’ me d’maidé d’ aipparayie ènne aiyeutchive pe ïnchtrucchive révoûe, i réponjé roid’ment : nian. Pe i y’ prepôjé d’ se tchairdgie lu-meinme de ç’te bésaingne. Les djoués qu’ cheuyainnent, nôs beûjons d’ éyeuves nenttayïnt è fond les allous d’ l’ écôle… !

J-M. Moine

La démission

Quelle folie a secoué les médias d’aujourd’hui, pour nous submerger de démissions, d’abdications, d’abandons,…, etc. Cependant, si bien des journalistes parlent de cela, ils se refusent à nous dire pourquoi notre monde se trouve maintenant dans une telle situation. S’ils le faisaient, ils devraient accuser la sacro-sainte économie, l’irrésistible amour des sous, des loisirs, de la facilité que nous ont apportés les trente glorieuses. En ce temps-là, le droit a passé avant le devoir, l’amusement avant le travail, la gloriole avant le bon sens. N’oublions pas non plus l’arrivisme des riches, des effrontés et des outrecuidants, au détriment des simples et honnêtes gens.

Des exemples, on en trouve à la pelle. Ces derniers temps, j’ai lu que des maîtres avaient grande peine à faire leur travail avec des élèves mal élevés (nous ne sommes pas loin de la stabulation libre des bestiaux… !). Cela ne m’étonne pas : l’école ne doit pas seulement instruire les enfants, mais elle doit se substituer aux parents pour les éduquer. De plus, quand un maître punit un élève, la punition doit être éducative, instructive. C’est ce qu’a dit un (ou une) haut(e) directeur (ou directrice) de l’Instruction publique. Parbleu, pour ces petits gamins insolents, rien n’est assez bon. J’aurais bien voulu entendre ce (ou cette) ministre me dire cela, quand j’enseignais au Locle. Un après-midi, je ne devais avoir dans une classe que des élèves de Neuchâtel. Je ne sais plus ce qui se passait dans le bas du canton, mais ces petits freluquets de vingt ans [pardon, bientôt des ingénieurs !] m’avaient averti : « Ce n’est pas la peine que vous veniez cet après-midi-là pour donner votre leçon. Nous ne serons pas là ! » Je leur dis tout simplement que je n’avais aucune raison de ne pas être là, et que s’ils ne venaient pas, j’enregistrerais leurs absences injustifiées et j’en informerais le directeur. Je me souviens que seul dans ma classe pendant ces leçons, je corrigeais des devoirs sur la pression qu’exerçait l’eau sur les portes d’une écluse. Au directeur qui me demanda de préparer une punition éducative, instructive, je répondis fermement : non. Puis je lui proposai de se charger lui-même de cette besogne. Les jours qui suivirent, nos benêts d’élèves nettoyaient à fond les corridors de l’école.

J-M. Moine