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Par : Fleury LJ
Publié : 11 juillet 2011

Lai Babouératte, Marie-Louise Oberli : Le Djâsaie De Tchie Nos, Glossaire Patois des Franches-Montagnes,

Marie-Louise Oberli, Lai Babouératte, a recueilli avec patience, opiniâtreté et humour les mots de son enfance. Elle a voulu faire revivre le monde qu’elle connaissait bien pour l’offrir aux Jurassiens d’aujourd’hui.

Son souci principal était de retrouver le terme exact, utilisé par ses parents et grands-parents.

A travers ce glossaire, les ancêtres des habitants des Franches-Montagnes reprennent voix au chapitre !


Le livre peut se commander chez l’auteure, 2350 Saignelégier ou aux éditions

Franc-Montagnard SA, Tel. 032 951 16 55, place du 23 Juin 10, 2350 Saignelégier.


Le glossaire à télécharger en PDF

Babouératte, glossaire 2006 -  PDF - 2 Mo
Babouératte, glossaire 2006

Version fractionnée par lettres .

Glossaire Patois-Français fractionné par lettres


La présentation du glossaire de lai Babouératte sur la TSR


Un échantillon sonore issu du glossaire. Les mots sont dits par Marie-Louise Oberli


La préface du glossaire

La préface du glossaire

Marie-Louise Oberli-Wermeille est bien connue dans le milieu patoisant jurassien pour son engagement de longue date dans la défense du parler de sa région. Membre fondateur de la Fédération des patoisants du canton du Jura, elle a été présidente de la section franc-montagnarde de cette association, « Le Taignon », pendant treize ans. Les lecteurs de la presse jurassienne retrouvent avec joie les récits en patois qu’elle publie régulièrement dans Le Franc-Montagnard et Le Quotidien Jurassien sous le pseudonyme « Lai Babouératte ». Elle a aussi donné à plusieurs reprises des cours de patois à l’école de Saignelégier et à l’Université populaire jurassienne.
Le glossaire qu’elle publie aujourd’hui représente une œuvre de beaucoup plus longue haleine. Il y a en effet une quarantaine d’années que Marie-Louise Oberli-Wermeille a commencé de remplir son cahier manuscrit, qui, au fil des ans, s’est enrichi jusqu’à accueillir des milliers de mots et expressions, parfois illustrés d’exemples.

Géographiquement, le sujet de cet ouvrage est le patois des Franches-Montagnes, et plus particulièrement celui des Rouges-Terres, hameau dans lequel Marie-Louise Oberli-Wermeille a passé toute son enfance et où elle a appris cette langue avec ses parents et ses grands-parents.

Chronologiquement, le parler décrit par l’auteur se situe à une période charnière dans l’histoire des langues régionales. En effet, dans la première moitié du XXe siècle, le patois était encore la langue usuelle aux Franches-Montagnes. Mais, par la suite, ce n’est qu’au prix d’influences et de contaminations diverses (du français surtout, mais aussi de patois des régions voisines) que ce parler a réussi à survivre.

On verra ainsi se côtoyer dans Le djâsaie de Tchie nos des mots anciens, rares aujourd’hui, se rapportant à un état de civilisation disparu, et d’autres empruntés récemment au français pour rendre compte de l’évolution rapide qu’a connue la société jurassienne pendant la seconde moitié du XXe siècle. Leur réunion témoigne du fait que, pour Marie-Louise Oberli-Wermeille, le patois est demeuré une langue bien vivante, apte à la discussion de tous les aspects de la vie quotidienne du début du XXIe siècle.

Aucun glossaire patois publié n’avait jusqu’à présent été consacré spécifiquement au parler des Franches-Montagnes. Avec Le djâsaie de Tchie nos, Marie-Louise Oberli-Wermeille comble donc une lacune et il est certain que le grand public se réjouira de disposer enfin d’un ouvrage de vul-garisation sur le lexique et la phraséologie du patois de cette région.

Christelle Godat

Aurélie Elzingre


Lai Babouératte, Marie-Louis Oberli, 2009

Avant-propos

Je suis née aux rouges-Terres le 1er mars 1926, au milieu des sapins et des chevaux francs-montagnards, à l’abri des immenses toits de nos superbes fermes. Mon enfance a été bercée par la langue de nos ancêtres. en fin de journée, mes parents, mes grands-parents, les voisins s’asseyaient sur le banc devant la maison pour discuter, se raconter leur journée.

Le patois rythmait le temps, imprégnait les travaux de la campagne.

C’est donc de manière instinctive que j’ai appris cette langue. Aucun écrit. Pour moi, ce parler savoureux est davantage qu’une langue : c’est une philosophie, une manière d’être.
Le patois est une langue parlée. C’est tout son charme. Mais c’est aussi sa difficulté. En effet, la phonétique est importante pour le comprendre. Un seul mot peut à lui seul résumer toute une situation, un métier, une action. Nos aïeux ne s’embarrassaient pas de mots superflus pour s’exprimer.

Il est dès lors difficile d’écrire le patois. La difficulté est d’en rendre la prononciation, parfois lente, parfois rapide avec l’accent tonique sur certains mots.

Il faut savoir aussi que les catégories singulier et pluriel, les genres féminin et masculin ne s’adaptent pas à chaque mot. C’est une langue orale qui n’a pas de règles grammaticales. De plus, certains mots peuvent changer d’un village à l’autre.

Certains mots n’ont pas d’équivalent en français. Je me suis donc appliquée à les définir par des explications simples. Le langage moderne s’accorde mal aux expressions patoises.

Je dirai enfin que tous les mots de ce glossaire sont de chez nous. Les sobriquets des villages mentionnés sont quant à eux tirés des « armoiries Jurassiennes », ouvrage de 1911, de l’Abbé Daucourt.

Que le lecteur me pardonne. Ce qui est peut-être des fautes à ses yeux est pour moi la manière de l’écrire qui m’a paru la plus logique. A défaut d’être un chef-d’œuvre, ce glossaire a le mérite de l’authenticité. C’est un livre simple, loin du spécialiste, qui a juste la prétention de sauvegarder le savoureux patois de ma région.

Saignelégier, juin 2006

Marie-Louise Oberli-Wermeille, alias Lai Babouératte.