Publié : 11 février

Concours de taureaux

Concoé de toérés

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 11 février 2022

Concoé de toérés

Ïn coupye aichichte è lai r’mije des prix d’ïn concoé de toérés. Lu, ç’ât ïn afaint d’ lai campaigne, ïn boûebe de paiysain. Lée, ç’ât ènne fanne de lai vèlle. Ès sont sietès â moitan di publitye chu des lavons.
L’hanne â micro ainnonce : « Trâjieme prix, le toéré Goliath, trâs ans, trâs sâties poi djoué. »
Lai fanne bousse dï coutre son mairi :
- T’és oûyi ? Trâs côps poi djoué ! Te dairôs en pare d’ lai grainne !
L’hanne se coidge. L’ainnonçou porcheut :
- Doujieme prix, le toéré Obélix, cïntye ans, chés sâties poi djoué.
Lai fanne, tote aittijie :
- T’és oûyi ? T’és coûyi ?
L’hanne se coidge.
Novèlle èt drie l’ainnonce :
- Èt voili le tchaimpion. Le premie prix revïnt â toéré Rafale, quaitre ans èt cïntye mois, nûef saties poi djoué.
Lai fanne, de pus en pus excitèe :
- Qué vigou  ! Nûef saties poi djoué. T’en f’rais aitaint ?
Le mairi :
- Aittends ! Les nûef saties, c’était tchéque côp d’aivô ènne âtre vaitche.

Notes
Le verbe français saillir vient du latin salire, sauter, bondir, mais aussi couvrir une femelle. Il correspond au patois sâtaie, dont le dérivé est sâtie, saillie, accouplement. On le trouve chez Antoine Biétrix, dans Lai lattre de Bonfô.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

Concours de taureaux

Un couple assiste à la remise des prix d’un concours de taureaux. Lui, c’est un enfant de la campagne, un fils de paysan. Elle, c’est une citadine. Ils ont pris place parmi le public sur des bancs de planches.

L’homme au micro annonce : « Troisième prix, le taureau Goliath, trois ans, trois saillies par jour. »
La femme pousse du coude son mari :
- Tu as entendu ? Trois fois par jour ! Tu devrais en prendre de la graine !
L’homme se tait. L’annonceur continue :
- Deuxième prix, le taureau Obélix, cinq ans, six saillies par jour.
Lai femme, toute excitée :
- Tu as entendu ? Tu as entendu ?
L’homme se tait.
Nouvelle et derrière annonce :
- Et voilà le champion. Le premier prix revient au taureau Rafale, quatre ans et cinq mois, neuf saillies par jour.
La femme, de plus en plus excitée :
- Quelle vigueur ! Neuf saillies par jour. Tu en ferais autant ?
Le mari précise :
- Attends ! Les neuf saillies, c’était chaque fois avec une autre vache.