Publié : 27 septembre

Mots d’enfants

Mots d’afaints

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 27 septembre 2019

Mots d’afaints

Tiaind qu’an m’ raiconte ènne loûene, i m’ dépâtche de la maîrtçhaie po lai botaie dains yun d’ mes paipies di vardi. Çtée que cheut, ç’ât mon aimi Marcel que m’ l’é feûnie.

Nos p’tèts l’afaints nôs cheurpregnant aidé d’aivô yos bons mots. Ès nôs faint è rire, des côps è musaie. Ât-ce qu’an n’ dit pe qu’ lai voirtè soûe d’ lai boûetche des afaints ?
Le p’tèt Djeain se pourmene d’aivô son grand-pére. Ès entrant dains l’ cèm’tére. Le boûebat môtre les dates ch’ les tombes.

—  Dis, Pépé, qu’è d’mainde, ç’ât yos num’ros d’ portabye ?

En rentraint, ès s’ râtant â kiosque. Le grand-pére aitchete ènne braintche de chocolat en ci p’tèt.
Lai mére yi d’mainde :

—  T’és â moins dit mèchi ?
—  Ç’ n’ât p’ lai poène, répond l’ nitiou.
—  Comment çoli, ç’ n’ât p’ la poène. An dait aidé eurméchiaie. Vai yi dire mèchi !

Le boûebat s’appreutche di grand-pére que yét lai feuille.

—  Mèchi, Grand-Pére !
—  Po quoi ?
—  Po çte braintche de chocolat qu’ te m’és aitchtèe â kiosque.
—  Mains, ç’ n’ât p’ lai poène.

Le nitiou se vire d’ lai sens d’ sai mère :

—  Te vois, Mére ! Ç’ n’était p’ lai poène.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

info document -  MP3 - 3.8 Mo

Mots d’enfants

Quand on me raconte une histoire drôle, je me dépêche de la noter pour en faire le sujet d’une chronique du vendredi. Celle qui suit m’a été fournie par mon ami Marcel.

Nos petits enfants nous surprennent toujours avec leurs bons mots. Ils nous amusent et parfois nous font réfléchir. Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?
Jeannot se promène avec son grand-père. Ils entrent dans le cimetière. Le bambin désigne les dates sur les tombes.

—  Dis, Pépé, demande-t-il, c’est leurs numéros de portable ?

Sur le chemin du retour, ils s’arrêtent au kiosque. Le grand-père achète une branche de chocolat à son petit-fils. La mère demande à ce dernier :

—  Tu as au moins dit merci ?
—  Ce n’est pas la peine, répond le garçonnet.
—  Comment, ce n’est pas la peine ! On doit toujours remercier. Va lui dire merci !

Le gamin s’approche du grand-père qui lit le quotidien.

—  Merci, Grand-Papa !
—  Pour quoi ?
—  Pour cette branche de chocolat que tu m’as achetée au kiosque.
—  Mais, ce n’est pas la peine.

Le gamin se tourne alors vers sa mère :

—  Tu vois, Maman ! Ce n’était pas la peine.