Publié : 12 février 2016

Des triplés

Des triplès

Bernard Chapuis

Paru dans LQJ, le 12 février 2016

Des triplès

Lai driere neût feut londye. Lai fanne piaîngnait qu’ çoli f’sait pidie. En moins d’ïn quât d’hoûre, ès feunes è D’émont. En l’hôpitâ, ès s’ sont tot comptant occupès d’ lai Lison. És quaitre, les afaints étïnt li, trâs ! Yos premies l’afaints. Trâs d’ïn côp, vôs s’ rendèz compte ? Des tot bés boûebas, ïn kilo dous cents tchétçhun. Lai fanne était chi vannèe qu’èlle s’ât endremi. Lai boénne-fanne ât v’ni tçh’ri lo Djeain-Piere dains l’âllou. Ço qu’èl étai fie, mon Djeain-Piere !

- Dites voûere, qu’è fait â dottoé, c’ment qu’ çoli s’ fait qu’ mai fanne é des triplès ? Vôs peutes me l’échpliquaie ?

- I veus provaie, mains ç’ n’ ât p’ sïmpye. Nôs sons dains l’ tchaimp d’lai science. I veus donc m’échprimaie en frainçais. Çoli s’rait plus aigie po moi.Vôs saîtes le frainçais ?

- Poidé ! I l’ai aippris en l’écôle, c’ment nôs tus poi chi. Ne vôs faîtes pe d’ tieusain, i veus dj’ bïn compâre,

- Eh bïn voili. Il y a plusieurs facteurs.

- Ès n’ sont p’ venis poi lai pochte, ces triplès, tot de meinme. Qu’è y euche ïn poétchou d’ lattres li-d’dôs, i m’ dotais bïn. Mains qu’ès s’ feuchïnt botè è trâs, çoli i n’ l’airôs djemains craiyu. Poûere fanne !


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info document -  MP3 - 1.4 Mo

Des triplés

La dernière nuit fut longue. La femme geignait à faire pitié. En moins d’un quart d’heure, ils furent à Delémont. A l’hôpital, Lison fut tout de suite prise en charge. A quatre heures, les enfants étaient là, trois ! Leurs premiers enfants. Trois d’un coup, vous vous rendez compte ? De splendides garçons, un kilo deux cents chacun. La femme était si épuisée qu’elle s’est aussitôt endormie. La sage-femme est venue chercher Jean-Pierre dans le couloir. Comme il était fier !

—  Dites donc, fait-il au docteur, comment se fait-il que ma femme a des triplés ? Pouvez-vous me donner une explication ?

—  Je vais essayer, mais ce n’ est pas simple. Nous sommes dans le domaine de la science. Je vais donc m’exprimer en français. Cela sera plus facile pour moi. Vous savez le français ?

—  Je l’ai appris à l’école, comme nous tous par ici. Ne vous inquiétez pas, je comprendrai.

—  Eh bien voilà. Il y a plusieurs facteurs.

—  Ils ne sont pas venus par la poste, ces triplés, tout de même. qu’il y ait un facteur là-derrière, je m’en doutais bien. Mais qu’is se soient mis à trois, ça, i n’ l’aurais jamais cru. Pauvre femme !

La chronique patoise du QJ en direct :

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