Publié : 25 septembre 2015

Les pompiers du Petit Paîgre

Les serïndious di Petét Paîgre

Bernard Chapuis

Les serïndious di Petét Paîgre

Sous ce titre, Jules Surdez évoque une revue de pompe d’autrefois. (Le Jura, 26 juillet 1941)

E y aivaît la Serïndye le saimmedi lai vâprèe. E me fât encoé rire tiaind qu’i me raivise cment que se péssait l’aippeul des serïndious et cment qu’en échtiusait ces que ne réponjïnt pe.

- Le véye mérelie ! - El ât li.

- Le bouebe â Mairtchâ ! - Le voici que vïnt.

- Le Pierrat des Boeûtchïns ! - El ât ci.

- Le Djeânat des Biassons ! - Aitot.

- Le Yâde di Moeulïn. - I m’aimoenne.

- Le Toubaquie ! - E veut veni, è y é le Petét Djué que mairtchande son boqué.

- Le Laxisse de lai Raisse ! - E ne serait veni âdjed’heûs, sai fanne qu’é bôlè.

- Le Petét Môdeste ! - Me voili.

- Le Chire à Fouérèdlie ! - Te sais bïn qu’è y é doux ans qu’èl ât moue.

- Les chéx bouebes des Saignattes ! - Es sont tus li.

- Le Bieû di Couérbe. - E vïnt tot bâlement, ses neûs sabats que y faint mâ.

Cman aidé, è y mainque aitaint de serïndious qu’è y en ât veni. Çôli n’envoidge pe le Petèt Bâgoué de commaindê : Tiries foeûs lai Serïndye ! Aippontes les beunés ! Vissietes lai cannule. Allès tyrie des soillats d’âve. Aivaincies lai serïndye d’ïn demé-peuce. Ç’ât trop, retieulès d’ïn peuce. Ci côp, serïndiès ! Unne ! Doux ! Unne ! Doux !

Note

Serïndye , pompe à incendie. Cet archaïsme a disparu. On le trouve encore chez Jules Surdez : ... è y aivait lai serïndye le saimmedi lai vâprèe. Il y avait la revue de pompe le samedi après-midi. Les serïndious, les pompiers. La relation avec seringue est évidente. La seringue était une petite pompe portative. Du bas latin syringa.

Beuné, ici : tuyau de bois, ancien nom d’une « course » de pompe à incendie.


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Les pompiers du Petit Paîgre

Sous ce titre, Jules Surdez évoque une revue de pompe d’autrefois. (Le Jura, 26 juillet 1941)

Il y avait la revue de pompe le samedi aprè-midi. Je dois rire quand je pense à la manière dont se faisait l’appel des pompiers et comment on excusait ceux qui ne répondaient pas.

—  Le vieux marguiller ! – Il est là.

—  Le fils du maréchal ! – Le voici qui vient.

—  Le Pierrot des Boeûtchïns (pommes sauvages) ! – Il est ici.

—  Le Jeannot des Biassons (poires sauvages) ! – Itou.

—  Le Yâde di Moeulïn. – I m’aimoenne.

—  Le Priseur ! – Il va venir, il y a le Petit Djué qui marchande son jeune bœuf.

—  Le Laxisse de la Rasse ! – Il ne peut pas venir aujourd’hui, sa femme a accouché.

—  Le Petit Modeste ! – Me voilà.

—  Le richard de Fouérèdlie ! – Tu sais bien qu’il y a deux ans qu’il est mort.

—  Les six garçons des Saignattes ! – Ils sont tous là.

—  Le Bleu du Couérbe. – Il vient lentement, ses nouveaux sabots lui font mal.

Comme toujours, il y a autant d’absents que de présents. Cela n’empêche pas le Petit Bâgoué de commander : Sortez la pompe ! Fixez les tuyaux ! Vissez la canule. Allez puiser des seaux d’eau. Avancez la pompe d’un demi-pouce. C’est trop, reculez d’un pouce. A présent, pompez ! Une ! Deux ! Une ! Deux !

Note

Serïndye, pompe à incendie. Cet archaïsme a disparu. On le trouve encore chez Jules Surdez :… è y aivait lai serïndye le saimmedi lai vâprèe. Il y avait la revue de pompe le samedi après-midi. Les serïndious, les pompiers. La relation avec seringue est évidente. La seringue était une petite pompe portative. Du bas latin syringa.

Beuné, ici : tuyau de bois, ancien nom d’une « course » de pompe à incendie.


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