Publié : 16 novembre 2017

Nicolas

L’ Nicolâs

Jean-Marie Moine, Arc Hebdo novembre 2017

L’ Nicolâs

Ces d’ries temps, mai fanne è pe moi, nôs sont aivu ïn pô reug’naie daivô ces d’ Yov’lie qu’ ouerganijant des viaidges en cairri, pe qu’ tos les Jurassiens coégnéchant. Ç’te soûetchie nôs é moinnè dains ci bé paiyis qu’ ât l’ Aindailoujie. Nôs ains vu tot piein d’ bèlles tchôjes dains ç’te metirouje rédgion di sud de l’ Échpaigne. Chi, i n’ aî p’ bïn chur lai piaice de tot vos r’contaie d’ ci viaidge. I m’ dais contentaie d’ vôs bèyie quéques dgén’râyitès. L’ paiy’jai-dge n’ ât piepe ïn poi c’ment qu’ tchie nôs. Tot ât sat. È n’ y é ran qu’ quéques eur’vieres que botant feus. È n’ y’ é p’ de voidges prans. Dains les vâs, boussant des ôlivies pe d’ lai vein-gne. Pus laivi, des soitches montaignes. È n’ y é p’ de bôs, ç’ât di maiquis. È n’ y é p quâsi de v’laidges. Poi chi, poi li, des fèrmes qu’ le pus ch’vent tchoéyant aivâ. Niun chus ces tieres.
I m’ muse que ç’ ât des grôsses aigrecoles couopératives que dgérant les tiultivèes tieres. An trove encoé quéques raîes romains mounuments. Lai pus échtouénainne tchôje que nôs ains vu, ç’ ât lai chréchtienne caithédrâ d’ Cordgeoue (Cordoue) qu’ feut ïmbritçhèe dains l’ichlamitçhe mouchquèe. Nôs n’ s’ aittendïnt p’ en çoli… L’ moinnou di car s’ aipp’lait Danièl, è v’niait d’ Boéco. Son aichichtainne s’aipp’lait Lou. I les r’mèchie po yôte bé traivai-ye. Les âtres dgens v’gnïnt chutôt di Vâ, d’ lai sen d’ Môtie, d’ âtre paît di Jura di sud, pe d’ lai sen d’ Biene. Tus étïnt tot piein chïmpâtitçhes. Tiaind qu’ i seus montè dains l’ cairri en Lai Tchâ-d’Fonds, i yôs aî dit bondjoué en patois, tot c’ment qu’ i l’fais tiaind qu’ i m’ trove n’ ïmpoétche laivoù dains l’ Jura. I feus ébâbi en bïn, tiaind qu’ i aî ôyi qu’ chèrtans d’ yôs ai-vïnt réponju en patois. L’ soi, aiprés lai nonne, i les f’sôs ïn pô tchaintaie en patois. I crais qu’ èls étïnt tus bïn aîje. È Séville, nôs ains vu di flamenco. L’ djoué qu’ cheûyé, sains micro po breûyie c’ment qu’ ces qu’ nôs aivïns vu, sains sabats po faire di traiyïn daivô les pies, sains lai graice d’ l’ aindailouje dainsouse, i entanné « I tchainte lo payis desAidjolâts ». Ç’feut ïn tâ vait-bïn, qu’ aiprés ci tchaint, ènne des viaidgeoujes « laincé » Les Petignats. Braivo !I ain-m’rôs fini ç’t’ airti en r’mèchiaint chpéchiâment ci Nicolâs, de Bienne, que djâsait l’ échpâ-gnô. Voili ïn hanne que n’ t’niait p’ en piaice, que ritait ves les dgens po les édie è faire çoci, è faire çoli,… Ïn tot grôs mèchi, Nicolâs. T’feus po nôs l’ chumboye d’ lai yédge !

J-M. Moine

Nicolas

Ces derniers temps, ma femme et moi, nous avons été un peu nous promener avec ceux de Glovelier qui organisent des voyages en car, et que tous les Jurassiens connaissent. Cette sortie nous a mené dans ce beau pays qu’est l’Andalousie. Nous avons vu de nombreuses belles choses dans cet immense région du sud de l’Espagne. Ici, je n’ai bien sûr pas la place de tout vous raconter de ce voyage. Je dois me contenter de vous donner quelques généralités.

Le paysage n’est pas du tout comme chez nous. Tout est sec. Il n’y a que quelques rivières qui coulent. Il n’y a pas de prairies vertes. Dans les vallées, poussent des oliviers et de la vigne. Au loin, des montagnes arides. Il n’y a pas de forêts, c’est du maquis. Il n’y a presque pas de villages. Par-ci, par-là des fermes qui le plus souvent tombent en ruine. Personne sur ces terres. Je pense que ce sont de grandes coopératives agricoles qui gèrent les terres cultivées. On trouve encore quelques rares monuments romains. La plus étonnante chose que nous avons vue, c’est la cathédrale chrétienne de Cordoue qui fut imbriquée dans la mosquée islamiste. Nous ne nous attendions pas à cela…

Le chauffeur du car s’appelait Daniel, il venait de Boécourt. Son assistante s’appelait Lou. Je les remercie pour leur beau travail. Les autres gens venaient surtout de la vallée de Delémont, de la région de Moutier, d’autre part du Jura sud, et de la région de Bienne. Tous étaient très sympathiques. Quand je suis monté dans le car à La Chaux-de-Fonds, je leur ai dit bonjour en patois comme je le fais toujours quand je me trouve n’importe où dans le Jura. Je fus surpris en bien quand j’entendis que certains d’entre eux avaient répondu en patois. Le soir après le souper, je les faisais un peu chanter en patois. Je crois qu’ils étaient tous contents.

A Séville, nous avons vu du flamenco. Le jour qui suivit, sans micro pour brailler comme ceux que nous avions vu, sans sabots pour faire un tel potin avec les pieds, sans la grâce de la danseuse andalouse, j’entonné « Je chante le pays des Ajoulots ». Ce fut un tel succès, qu’après ce chant une voyageuse « lança » Les Petignats. Bravo !

J’aimerais terminer cet article en remerciant spécialement Nicolas de Bienne qui parlait l’espagnol. Voilà un homme qui ne tenait pas en place, qui courait vers les gens pour les aider à faire ceci, à faire cela,… Un tout grand merci, Nicolas. Tu fus pour nous le symbole du dévouement !

J.-M. Moine