Publié : 7 mars

Les pousse-café

Lés bousse-cafelat

Micou, Michel Cerf, L’Ajoie n°3 mars 2019

Lés bousse-cafelat

Tiand vos és aivu bïn fait lai foére, en lai Sïnt-Maitchïn, è s’ât craibïn trovaie ïn aimi, po vos ïnvitaie en l’hôtâ, po boire ïn p’tèt tçhissat de dichtillè. Chûr que vos éz daivu tchoisi entre ènne damè, lai reine dés gottes dans lai Barotche, èt ènne âve de çlieje.
An vos és craibïn euffie de l’herbâtatte, ç’te divïne gotte que n’é ran è envie
en lai damè.
Mâgré l’tchaîrme de cés gniôles en lai môde, ne rébians’pe lai pamme... Raivoétie dés annèes c’ment lai gniôle des boiyous, èlle é aidé sés sôtïns : pu des boiyous que v’niant chlapaie dés roquéyes â care d’in baintchat dains lés cabarèts, mains dés dgens qu’ainmant bïn son pairfum ïn po aîtçhre. Èt po didgéraie ïn trop rètche repès, ran ne vâ ïn voirre de pamme !
Dains lés sïndiularitès, ïn voirre de beutchïn o de biasson ât aidé préjie. Ïn po rébiès sont lo dgenavre, lai pnèlle o lai poiratte, craibïn pouche que ç’ât du d’en retieudre prou po rempiâtre ïn véché, qu’an moin’rait dichtillaie.
Dâli saintè... mains pe d’aibus !

Les pousse-café

Quand vous avez bien festoyé, à la Saint-Martin, il s’est peut-être trouvé un ami pour vous inviter à la maison, afin de boire une petit verre (une giclée) de distillée. Sûr que vous avez du choisir entre une damassine, la reine des gouttes dans la Baroche, ou un kirsch. On vous a sans doute offert de la mirabelle, cette goutte divine qui n’a rien à envier à la damassine.
Malgré le charme de ces gouttes à la mode, n’oublions pas la pomme... Considérée des années comme la goutte des buveurs, elle a toujours ses adeptes : plus des buveurs, qui avalaient goulument des roquilles, au coin du comptoir dans les cafés, mais des gens qui aiment bien son parfum un peu âcre. Et pour digérer un repas un peu trop riche, rien ne vaut un verre de pomme !
Dans les spécialités, un verre de pomme sauvage ou de poire sauvage est toujours apprécié. Un peu oubliés sont le genièvre¹, la prunelle (fruit de l’épine noire) ou la ²cenelle (fruit de l’aubépine), peut-être parceque c’est difficile d’en recueillir assez pour remplir un tonneau qu’on conduirait distiller.
Alors santé... mais pas d’excès !

-Du genièvre, on utilisait les rameaux pour fumer la viande, et les baies qu’on distillait pour obtenir un alcool fort. Ces mêmes baies entrent dans la fabrication du le « gin » dans les pays anglo-saxons.

- La cenelle est aussi appelée « poiratte de djué » qu’on pourrait traduire en « petite poire de juif »


En savoir plus sur les distillées, le panneau de VTrando