Par : Fleury LJ
Publié : 16 septembre 2013

Le Djôset Barotchèt vote pour le Jura !

Dans la récente et remarquable parution due à François Busser : Connaissance du Patois du Nord Franche-Comté, se trouve un texte de notre Djôset Barotchèt qui invite à voter pour le Jura.

C’était à l’époque des plébiscites des années 70, mais ce texte reprend toute son actualité dans la perspective du vote du 24 novembre !

TANS LAI SAINT-DJÔSÈT

I crais bïn que ç’ât l’premie côp d’mai vie qu’i veux aivoi taint d’piaiji d’allè vôtaie. Ci côp è y é moiyïn d’tchoisi, mains è y é dés dgens que s’trivant potchaint bïn embairraissies, moi nian dâli. I veus vôtaie po cés que n’aint djemaîs aivu pavou de dire tot paitchot, qu’èls étïnt Jurassiens, qu’ès sont Jurassiens è peus qu’ès sraint aidé Jurassiens aivaint d’étre roudges ou bïn nois. Des roudges è peus dés nois nôs en r’djâserains aiprés tiaind note bé canton seré bïn en maîrtche, nian’pe aivaint.

Nôs dains aivoi confiaince, nôs âdrains trétus vôtaie en musaint en l’aiveni. Nôs dains baîti tot bâlement mains churement ïn tot neû canton dains l’quél nôs afaints serïnt bïnhèyerous de vivre en s’ainmaint. Mains, ô mes aimis, nôs âdrains vôtaie en étaint chi djoyeus que les ojés chus lés brainces. Aivô yos nôs dains r’maichiaie l’bon-temps d’étre erveni en tchaintaint : libèrtè ! Aivô yos nôs tchainterains ; è fât vivre è peus léchie vivre, mains en tot premie : lo Jura és Jurassiens !

Tot en cheuyaint lai maîrtche di temps que nôs dépésse bïn s’vent, nôs dains aidé aivoi lai vlantè è peus lai foûeche de dire : Ci, nôs sons tchie nos ! E se dés étraindgies vorïnt tchaindgie quoi qu’ce feuche dains note bé petét paiyis, è sanne que nôs diridgeaints dairïnt aivoi l’coraidge de yôs faire è compâre que nôs n’lés sons’pe allè tyeri è peus chutôt que nôs n’lés r’tenians’pe. Tiaind an vïnt d’moraie dains ïn yûe qu’ât chi r’pôsaint è peus chi bé qu’lo nôtre, è sanne qu’an s’dait faire en nôs côtumes sains nôs en voyait aimennaie dés âtres !
Aimis patoisaints, aimis jurassiens, aimies patoisainnes, aimies jurasiennes, allèz trétus vôtaie aivô vôs tiûeres è peus vôs aîmes que n’sont’pe è vendre !

TONS LA SAINT JOSEPH

Je crois bien que c’est la première fois de ma vie que je veux avoir autant de plaisir d’aller voter. Cette fois il y a moyen de choisir, mais il y a des gens qui se trouvent pourtant bien embarrassés, moi non alors ! Je veux voter pour ceux qui n’ont jamais eu peur de dire partout qu’ils étaient jurassiens, qu’ils sont jurassiens et qu’ils seront toujours jurassiens, avant d’être rouges ou noirs. Des rouges et des noirs nous en reparlerons après, quand notre beau canton sera bien en marche, pas avant.

Nous devons avoir confiance, nous irons tous voter en pensant à l’avenir. Nous devons bâtir tout doucement mais sûrement un canton tout neuf dans lequel nos enfants seront bienheureux de vivre en s’aimant. Mais, ô mes amis, nous irons voter en étant aussi joyeux que les oiseaux sur les branches. Avec eux nous devons remercier le printemps d’être revenu en chantant : liberté ! Avec eux nous chanterons : Il faut vivre et laisser vivre, mais tout d’abord : le Jura aux Jurassiens !

Tout en suivant la marche du temps qui nous dépasse bien souvent, nous devons toujours avoir la volonté et la force de dire : Ici nous sommes chez nous ! Et si des étrangers voulaient changer quoi que ce soit dans notre beau petit pays, il semble que nos dirigeants devaient avoir le courage de leur faire comprendre que nous ne sommes pas allés les chercher et surtout que nous ne les retenons pas. Quand on vient habiter dans un endroit si reposant et si beau que le nôtre, il semble qu’on doit se faire à nos coutumes sans vouloir en amener des autres !

Amis patoisants, amis jurassiens, amies patoisantes, amies jurassiennes, allez tous voter avec vos cœurs et vos âmes, qui ne sont pas à vendre !


François Busser présente

DJÔSÈT BAROTCHÈT

Joseph Badet, autrement dit Djôsèt Barotchèt (1915 – 2007), est une individualité très marquante du vaste mouvement qui s’est dessiné, dans la deuxième partie du XX° siècle, pour sauvegarder le patois de notre région et le faire connaître.

S’il est devenu par la suite une référence dans la connaissance du patois, sa jeunesse aurait pu l’éloigner, comme bien d’autres, de la langue de nos villages. Natif de Frégiécourt, très jeune il suit sa famille qui s’était expatriée à Montbéliard. C’est là qu’il a grandi et travaillé en usine jusqu’en 1942. De retour à Porrentruy, il s’établit ensuite à Sainte Ursanne. Il est ouvrier dans l’industrie, mais désormais il va consacrer son temps et son énergie à la cause du patois et…du Jura.

Il fonde en 1956 une amicale de patoisants : « le Réton di Ciôs di Doubs » et organise des cours de patois. Ecrivain infatigable il produit de nombreuses pièces de théâtre, poèmes et chansons, parmi lesquelles certaines sont devenues des « classiques », connues de tous les patoisants de la région. Il a inséré de nombreux articles en patois dans les journaux, rassemblés en partie dans un charmant recueil, intitulé « Musattes »

On ne peut qu’admirer ce parcours de militant et de pionnier. Nous lui sommes tous redevables d’une façon ou d’une autre.


Pour commander le livre

Connaissance du Patois du Nord Franche-Comté

On peut se procurer cet ouvrage au siège de l’association : Union des Patoisants 4 rue d’Argiésans 90800 BANVILLARS, France

Tel : 03 84 21 58 23

au prix de 20€ (23FS).