Par : Fleury LJ
Publié : 21 février 2014

Un beau parler

Ïn bé djâsaidge

Bernard Chapuis

Paru dans LQJ du 21 février 2014

Nos anciens émaillaient leurs propos d’expressions colorées qui jouent sur le rythme et les assonances.

À celui qui nous lasse par ses bavardages stériles :

Te m’ scies l’ dos / d’aivô ènne sciatte de bos.

D’un prétentieux :

Çtu-li, è fârait l’aitchtaie po ç’ qu’è vât èt peus le r’vendre po ç’ qu’è s’ crait.

À ceux qui s’attardent en visite :

S’i étôs tchéz vôs, i m’en âdrôs.

Pour souligner ce qu’on affirme :

Diaîle me souye.

Et pour couper court :

Ç’ n’ ât p’ le tot des tchôs / è fât di laîd d’aivô.

À propos des rumeurs :

Les dgens l’ diant / les fôs l’ craiyant.

Une petite pointe contre nos voisins alémaniques :

Yo, yo, verliyo / les All’mands ç’ât tus des fôs.

Et on ajoutait :

È peus toi d’aivô.

À un importun :

Raive de tchait po toi !

Maigre héritage en perspective :

L’échnèe di dos po ïn tchaip’lat / Le ptchus di tiu po ïn ciotrat.

Métier de rêve :

Régent â tchâtemps èt peus soiyou en huvie. O bïn encoé meu : tiurie tot’ l’ annèe.


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Traduction

Un beau parler

Un beau parler

Nos anciens émaillaient leurs propos d’expressions colorées qui jouent sur le rythme et les assonances.

À celui qui nous lasse par ses bavardages stériles :

Tu me scies le dos avec une scie en bois.

D’un prétentieux :

Celui-là, il faudrait l’acheter pour ce qu’il vaut et le revendre pour ce qu’il se croit.

À ceux qui s’attardent en visite :

Si j’étais chez vous, je m’en irais.

Pour souligner ce qu’on affirme :

Que le diable me souille (sous-entendu : si je ne dis pas la vérité).

Et pour couper court :

Ce n’est pas le tout des choux, il faut du lard avec.

À propos des rumeurs :

Les gens le disent, les fous le croient.

Une petite pointe contre nos voisins alémaniques :

Oui, oui, « verlioui », les Allemands sont sous des fous. Et on ajoutait : Et toi avec.

À un importun :

Rave de chat pour toi.

Maigre héritage en perspective :

L’échine du dos pour un chapelet, le trou du cul pour un sifflet.

Métier de rêve :

Instituteur en été et faucheur en hiver. Ou mieux encore : curé toute l’année.


La chronique patoise du QJ en direct :

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