Publié : 28 mai

Aux Rogations

És Rogâchions

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 27 mai 2022

És Rogâchions

« Belles rogations, belles moissons". Elles se célèbrent les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension. Il y a une poésie, un charme exquis dans les Rogations où les paroissiens accompagnés de leur pasteur, s’en vont prier à travers les champs pour la fertilité du sol... (Célestin Hornstein, 1854-1934). Ci-dessous, Eric Ankli évoque un épisode particulier à l’occasion des Rogations à Grandfontaine.

 temps péssè, és Rogâchions, nôs allïns procèssionnnaie dains l’ finaidge po d’maindaie en lai divine Provideince de nôs aiccouèrdaie des boènnes récoltes. Çoli s’ péssait â mois d’ mai, en l’aicmence di bontemps. An f’sait ènne petète procèssion dains les tchaimps en cheuyaint çtu que poétchait lai croux èt en prayaint.

Ènne annèe, lai voiye des Rogâchions, èl aivait gralè tot ç’ qu’èl aivait poéyu, tot était fotu, hâch’paiyie, le biè, les tçhetchis, è n’y aivait pus ran. C’était l’ Gaston qu’était désignè po poétchait lai croux. È rentre â môtie, è prend çte croux, èt peus, è s’aidrâsse tot drèt â Bon Dûe èt yi dit : « Vïns voûere, i t’ veus môtraie le bé traivail que t’é fait hyie â soi. »


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Aux Rogations

« Belles rogations, belles moissons. Elles se célèbrent les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension. Il y a une poésie, un charme exquis dans les Rogations où les paroissiens accompagnés de leur pasteur, s’en vont prier à travers les champs pour la fertilité du sol... (Célestin Hornstein, 1854-1934). Ci-dessous, Eric Ankli évoque un épisode particulier à l’occasion des Rogations à Grandfontaine.

Autrefois, au temps des Rogations, nous allions processionner dans la campagne pour demander à lai divine Providence de nous accorder de bonnes récoltes. Ça se passait au mois de mai, au début du printemps. On faisait une petite procession dans les champs en suivant celui qui portait la croix et en priant.

Une année, la veille des Rogations, une violente tempête de grêle s’était abattue, tout était anéanti, haché. Du blé, des jardins, il ne restait plus rien. Gaston avait été désigné pour porter la croix. Il entre dans l’église, prend cette croix, s’adresse directement au bon Dieu lui dit : « Viens voir, je vais te montrer le beau travail que tu as fait hier soir. »

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