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Par : Fleury LJ
Publié : 17 août 2012

La souris et le gros chat gris, fable picarde

Une fable de Jean-Marie Braillon, traduite du picard en patois par Bernard Chapuis de Porrentruy

LA SOURIS ET LE GROS CHAT GRIS

Une souris avait fait son nid dans une bibliothèque

Trouvant à cet endroit tout ce qu’il lui fallait pour manger.

Un jour elle mangeait du Racine, un autre de l’Aragon

Rien n’aurait pu lui faire mal à la bedaine.

Le bibliothécaire mettait bien du blé empoisonné

Notre souris préférait du Rabelais.

Le bibliothécaire a acheté un gros chat gris,

Ce bétail-là, il a vite senti notre petite souris !

Il a essayé de l’attraper dès la première nuit.

Il s’était caché derrière des livres du père Jarry ;

Mais comme notre souris avait déjà grignoté tout La Fontaine,

Elle savait bien que c’est souvent la plus petite la plus maligne.

Elle a tendu un piège pour celui qui voulait la manger.

Il lui a fallu toute la journée suivante pour bien le préparer :

Elle a entassé plein de livres de l’Ukrainien Makchuko.

Notre chat n’était pas revenu que la pile de livres lui tombait sur le dos.

Mais Makchuko ne pesait pas grand-chose en littérature

Ce qui fit que notre chat n’eut même pas une petite blessure.

D’un bond notre chat sauta sans attendre sur la souris

Puis, son devoir accompli et le ventre empli, il s’endormit.

Morale :

On a beau avoir dévoré tous les bouquins

On n’est pas toujours le plus malin.

Traduction en français : Jean-Marie Braillon


Ènne fâbye de Jean-Marie Braillon, trâdute di picard en patois poi ci Tchaipu de Poérreintru

Lai raite èt peus l’grôs gris tchait

Ēnne raite s’était nétchie dains ènne bibyothèque,

Ïn yûe vou qu’èlle trovait tot ço qu’èlle aivait fâte po maindgie.

Ïn djoué, èlle maindgeait des tèchtes de Racine, ïn âtre djoué, dés moéchés d’Aragon.

Ran n’airait poyu yi faire mâ en lai painse.

L’bibyothétçhaire aivait bé botaie di bié empoûej’nè.

Not’ raite ainmait meu Rabelais.

L’bibyothétçhaire aitcheté ïn grôs gris tchait ;

Çte béte-li é vit’ment feûnè not’ raitatte.

Ēl épreuvé de lai pâre dâs lai premiere neût.

Ē s’était coitchi drie dés feuyats di pére Jarry ;

Mains cment not’ raite avait dj’ tot greûgyie La Fontaine,

Ēlle saivaît que bïn s’vent ç’ât lai pus ptète lai pus fïn maîle.

Ēlle tendé ïn beûdyejét en çtu que vlait lai maindgie.

Ē y é faiyu tot l’djoué d’aiprés po l’bïn l’éparayie :

Ēlle é aimonch’lè tot piein d’feuyats de Makchuko d’Ukraine.

Not’ tchait n’était ponqu’ rev’gnu qu’lai tèche de feuyats yi tchoyé chu l’dôs.

Mains Makchuko n’était p’bïn poijaint en graiy’naidge.

Ci fait que not’ tchait n’eut piep’ ènne ptète biassure.

D’ènne raind’nèe, not’ tchait sâté tot comptant ch’lai raite.

Aiyaint faît son daivoi èt rempiâchu lai painse , è s’endremé.

Ço qu’è fât ret’ni :

An peut aivoi galifrè tos les feuyats,

An n’ât p’aidé l’pus fïn maîle.

Note

Le patois jurassien a conservé le passé simple en concurrence avec le passé composé :
èl aitcheté, il acheta, il a acheté


La même fable traduite en diverses langues :

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