Par : Fleury LJ
Publié : 17 novembre 2010

Eribert Affolter, RFJ, 14 novembre 2010

Radio Fréquence Jura RFJ

Rubrique en patois du 14 novembre 2010

Auteur : Eribert Affolter

Eribert Affolter, RFJ, 101114 -  MP3 - 3.1 Mo
Eribert Affolter, RFJ, 101114

14 novembre 2010

Aimis di patois bondjoué.

Ç’ti côp è y en aivaît de lai maitére. Ç’n’ât’p çoli que m’é mainquaie po grèyenaie mon biat.

I aivôs le tchoix. I veus vôs dire les trâs évènments que m’sont v’ni en l’échprit.

Le premie : Lai Sïnt Maitchïn, tos les aidjolats maindgeant di poûe. Èls aint bïn réjon le traivaiye de lai tiere ât rédu, le biè, les pomattes, les tchôs, les lédyumes sont bïn en yote piaice. Ès poyant mitnaint s’aimusaie, dainsie, youcaie, péssaie des houres è tâle. Di boudïn, des indoiyes, di rôeti, dains le poûe tot ât bon. Èt peus cés qu’n’en n’airïnt prou èt poraint r’ècmencie le duemoine que vïnt po fétaie le r’vira.

Le doujième : Les votations, tos les jurassiens sont pendus en c’te boéte que djâse (la radio). Oh ! Ès n‘y é pu lai raidge de dains le temps. I me s’vïnt, è y aivaît les roudges èt peus les nois. Les roudges c’étaient les maindges-tiuries, les nois les maindges-Bon Dûe. Niun ne djâsait en l’âtre. An ne s’môessyeait’p ensoinne dains les caibairets, an n’allaie’p dains les meinmes sochietè de fanfoérous. Tiant an muse en ci temps li, çoli nôs fait bïn rioilaie.

Èt peus le trôsieme : Ç’ât le traiyïn (le vacarme) de nôs véjïns frainçais. Ès sanne qu’ès sont r’veni pien (calme). Qué vie èls aint moinnès. Oh ! I n’sait’p tiu é réjon. Ât-ce les diridgeous ? Ât-ce les dgens. Ès n’an tchâ ! Mains an dirait qu’éls aint ïn malïn piaîji de bottaie tos les dgens dains lai miedge. Ès n’musant’p en cés que daint allaie traivaiyie, que daint aittendre des houres po rempiâtre le réservoir de yote diyimbarde. Nôs sons tote meinme bïn dains note care de tiere. Oh ! Ç’n’ât’p aidé le pairaidi mains nôs airrivant encoè è vivre ensoinne sains tos ces aiyâletès (désagréments). Nôs ains bïn de lai tchaince.

Voili, les trâs menutes sont péssèes, vôs é t’aivu brâment de patience po m’écoutaie djeuqu’â bout, mains i m’muse qu’é y en é bïnm, pairmé vôs, qu’aint fait c’ment di temps di pradge le duemoine, qu’aint fait ïn p’tét sanne po s’péssaie le temps.

Èt bïn ç’ât tot po adjed’heû. I vôs tchvâ ïn bon duemoine èt ïn bon peûtou che vôs péssè è tâle.
E. Affolter


14 novembre 2010

Amis du Patois bonjour.

Cette fois il y en avait de la matière. Ce n’est pas cela qui m’a manqué pour écrire mon billet.

J’avais le choix. Je veux vous dire les trois évènements qui me sont venus à l’esprit.

Le premier : La Saint-Martin, tous les Aidjolats mange du cochon. Ils ont bien raison le travail de la terre est fini, le blé, les pommes de terre, les choux, les légumes sont bien à leur place. Ils peuvent maintenant s’amuser, danser, sauter de joie, passer des heures à table. Le boudin, les saucisses, le rôti, dans le cochon tout est bon. Et puis ceux qui n’en ont pas assez pourront recommencer dimanche prochain, pour fêter le « r’vira ».

Le deuxième : les élections, tous les jurassien écoutent la radio. Oh ! Il n’y a plus la rage d’alors. Je me souviens, il y avait les rouges et les noirs. Les rouges c’étaient les mange-curés, les noirs les mange-Bon Dieu. Personne ne causait à l’autre. On ne se mêlait pas dans les cabarets, on n’allait pas dans la même Société de fanfare. Lorsque l’on pense à ce temps là, on doit bien rigoler.

Et puis le troisième : C’est le vacarme de nos voisins français. Il semble qu’ils se sont un peu calmés, Quelle vie ils ont menée. Oh ! Je ne sais pas qui a raison. Est-ce les responsables ? Est-ce le peuple ? Cela ne fait rien ! Mais on dirait qu’ils ont un malin plaisir de mettre tous les gens dans la mouise. Ils ne pensent pas à ceux qui doivent aller travailler, qui doivent attendre des heures pour remplir le réservoir de leur voiture. Nous sommes tout de même bien dans notre coin de pays. Oh ! Ce n’est pas toujours le paradis mais nous arrivons encore à vivre ensemble sans tous ces désagréments. Nous avons bien de la chance.

Voilà, les trois minutes sont écoulées, vous avez eu beaucoup de patience pour m’écouter jusqu’au bout, mais je pense qu’il y en a bien, parmi vous, qui ont fait comme durant le sermon du dimanche, qui ont fait une petite sieste pour se passer le temps.

Et bien c’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite un bon dimanche et un bon appétit si vous passez à table.

E. Affolter