Par : Fleury LJ
Publié : 23 mai 2014

On n’arrête pas le progrès

An n’râte pe l’progrès

Bernard Chapuis

Paru dans LQJ du 23 mai 2014

An n’râte pe l’progrès

Lai Frieda é t’aivu di mâ dains sai vie. D’aivô sai rotte d’afaints ! Èt faiyait faire tote lai bue en lai main. Les aîg’ments aito. Tieûj’naie â fue d’bos.

Mitnaint, èlle raivoéte sai laivimaidge tos les sois, èlle peut laividjâsaie d’aivô ses afaints que sont mairiès ïn pô tot poitchot. Èlle é ïn frâtchou. È n’yi manque ran, que lai vidyoûere de sai djuenaince. Tot chu, lai Frieda aippréjie l’ progrès.

Èlle viaidge brament, çoli yi pésse le temps. Ci maitïn, èlle ât montèe dains l’ train è Poérreintru. È D’lémont, ïn bél hanne s’ât sietè d’vaint lée. Èls aint fait congnéchaince.

- I vais voûere més p’téts l’afaints è Lausanne, que dit lai fanne.

- Èt peus moi, qu’yi répond l’hanne, i vais è Baile po aifféres.

- Vôs voites ç’que ç’ât qu’ le progrès : Nôs sons sietès dains l’ meinme wagon èt peus nôs vains tchétçhun dains ènne âtre sen.

- S’ an veut, dit l’hanne, en s’effoûechaint de n’ pe se fotre de lée. Safe que vôs, mai boènne Daime, vôs s’èz trompèe d’ train.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

info document -  MP3 - 1.3 Mo

Traduction

On n’arrête pas le progrès

Frieda a eu du mal dans sa vie. Avec sa ribambelle d’enfants ! Il fallait faire toute la lessive à la main. La vaisselle également. Cuisiner au feu de bois.

Maintenant, elle regarde sa télévision tous les soirs, elle peut téléphoner à ses enfants qui sont mariés un peu partout. Elle a un réfrigérateur. Il ne lui manque rien, si ce n’est la vigueur de sa jeunesse. Pour sûr, Frieda apprécie le progrès.

Elle voyage beaucoup, ça lui passe le temps. Ce matin, elle est montée dans le train à Porrentruy. À Delémont, un monsieur bien mis a pris place en face d’elle. Ils ont fait connaissance.

- Je vais voir mes petits-enfants à Lausanne, dit la femme.

- Et moi, répond l’homme, je vais à Bâle pour affaires.

- Vous voyez ce que c’est que le progrès : Nous sommes assis dans le même wagon et nous allons chacun dans une autre direction.

- Si l’on veut, dit l’homme, en s’efforçant de ne pas se moquer d’elle. Sauf que vous, ma bonne Dame, vous vous êtes trompée de train.


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