Publié : 24 février 2017

Attachement, détachement

Aittaitch’ment, détaitch’ment

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 24 février 2017

Aittaitch’ment, détaitch’ment

C’ment dit lai tchainson : « Tiaind qu’ te v’niais le soi tchie nôs, te me dyôs que te m’ainmôs, peus moi lai dôbe i le craiyôs. » Les hichtoires d’aimoé se r’sannant quasiment totes. Aivaint c’était meu, aiprés, mai fé, aprés.. ?

È y en yun que dyait : « Tiaind qu’i allôs en lôvre tchie l’ Alyre, qu’i fréquentôs yote Lison, qu’ nôs étïns sietès â poiye chus l’ canapé, an n’airait p’ poéyu péssaie lai main entre nôs dous, taint qu’i lai r’sarrôs. »

- Et peus mit’naint ?

- Te péss’rôs entre nôs dous daivô ton tchie è étchieles.

Ïn âtre dyait : « Lai mïnne, tiaind qu’i lai fréquentôs, i l’ainmôs taint qu’i l’airôs maindgie. »
Aidé lai meinme quèchtion : Et peus mit’naint ?

- Mit’naint ? È m’en encrât de n’ pe l’aivoi fait.

Ïn boûebe que s’ craiyait déléchie dit en sai bionde : « S’i meurôs, te n’ pûer’rôs meinme pe. ».

- Que chié, dit lai baichatte. Te sais bïn qu’i pûere po ïn ran.

Ïn hanne qu’aivait mairiè ènne peute fanne réponjait és métchaintes remairtçhes : « Prentes mes oeuyes èt peus révijaites-lai d’aivôs mes oeuyes. »

« I t’ainme taint, dyait ïn âtre aimoérou. Po toi, i f’’rôs n’impoétche quoi. I m’ tchaimp’rôs dains l’ Doubs en piein huvie, i âdrôs és Ermites è pie... » 

- Rate, i n’ t’en d’mainde pe taint. Te r’vïns dûemoène ?

- Aye, s’è n’ pieut pe.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

info document -  MP3 - 1.6 Mo

Attachement, détachement

Comme dit la chanson : « Quand tu venais le soir chez nous, tu me disais que tu m’aimais, et moi, la folle, je le croyais. » Les histoires d’amour se resssemblent presque toutes. Avant, c’était mieux ; après, ma foi, après ?

L’un disait : « Quand j’allais à la veillée chez Alyre, que je fréquentais sa fille Lison, que nous étions assis dans la chambre commune sur le canapé, on n’aurait pas pu glisser la main entre nous deux, tellement je la serrais. »

—  Et maintenant ?

—  Tu passerais entre nous deux avec ton char à échelles !

Un autre disait : « La mienne, quand je la fréquentais, je l’aimais tellement que je l’aurais mangée. »

Toujours la même question : « Et maintenant ?

—  Maintenant ? Je regrette de ne pas l’avoir fait !

Un garçon qui s’estimait délaissé par sa petite amie lui dit : « Si je mourais, tu ne pleurerais même pas. »

—  Mais que si, dit la belle. Tu sais bien que je pleure pour un rien.

Un homme marié à une femme laide répondait aux remarques désobligeantes : « Prenez mes yeux et regardez-la avec mes yeux. »

« Je t’aime tellement, disait un autre amoureux. Pour toi, je ferais n’importe quoi. Je me jetterais dans le Doubs en plein hiver, j’irais à Einsiedeln à pied, je… »

—  Arrête, je ne t’en demande pas autant. Tu reviens dimanche ?

—  Oui, s’il ne pleut pas.


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