Par : Fleury LJ
Publié : 26 août 2014

Denis Frund, RFJ 24 août 2014

Radio Fréquence Jura RFJ

Rubrique en patois du 24 août 2014

Auteur : Denis Frund

Thème : Assurance maladie, nucléaire et facilité d’oublier

info document -  MP3 - 5.9 Mo

Extrait de l’émission régionale RFJ du 24 août 2014

Aimis di patois, bondjo ! Cré nom d’mai vie, i n’en r’vïns p’. Poquoi, allez-vos m’ dire ? Eh bïn, i n’en r’vïns p’ d’eur’mairtchaie c’ment nos, c’ment bïn des dgens tchie nos, dains note paiyis, poyant dïnche rébiaie le péssè. I veus djâsaie po ecmencie de l’aissurainche-malaidie. Raipplez-vos ! Quasi tot l’monde était graingne aiprès les hâsses des r’devainces de ces drieres annèes et che nos aivïns daiyu vôtaie en ci temps-li, i seus quasi chur qu’an airait acceptè lai seigne caise ou bïn lai pubyique caise.

Mains adjd’heû, qu’ât-ce qu’an voit, qu’ât-ce qu’an peut yére, ç’ât qu’è n’ fât ran tchaindgie, chuto tchie nos véjïns all’mouesses. Meinme cés qu’n’aint p’ r’ci en r’toè ço qu’ès aivïnt trop paiyie n’y musant pus !... Ôh ! Ès sont malïns d’lai sen des privèes-caises-malaidie aivô loute pubyicitè, pubyicitè paiyie aivô nos r’devainces. Poquoi ci tchaindg’ment d’aivisâle ? Eh bïn, è fât r’cogniâtre qu’è y é tot piein – bïn trop – de dgens dains les féd’râs tchaimbres qu’faint paitchie des aidminichstrâçhions consèyes et qu’aint des ïntérêts è n’ran tchaindgie. Poquoi an ont pavou di tchaindg’ment ? Lai Nationale Caise po les aiccreus mairtche bïn lée, dâli poquoi aivoi pavou ? An nos dit des mentes. Enfïn, an voiront bïn c’ment çoli s’veut péssaie dains ïn mois.

Lai dousieme tchôse qu’i vlôs r’yeuvaie, ç’ât « l’aiprès- Fukushima ». An tiudrait quasiment qu’é n’y é pus taint de daindgie daivô nos dieugn’lâ ceintrâles ! C’ment an peut vite rébiaie ! D’ènne sen, ç’ât taint meus, mains s’an saivait tot ço qu’se pésse â Djaipon, des seuffrainces des dgens atoè d’ Fukushima, an tchaindg’rait d’ aivisâle et an srait ïn pô pus prèssie d’aibaindnaie nos dieugn’lâ ceintrâles po lésquèlles nos n’ métrijant meinme pe lai quechtion des détchèts !
Aimis di patois, echtuisètes-me che adjd’heû i n’ vos aî p’ fait è rire, mains i vos engaidge è musaie en l’aivni et è n’ pe tot léchie faire.

Courroux, le 20 août 2014
Denis Frund

Extrait de l’émission régionale RFJ du 24 août 2014

(traduction)

Amis du patois, bonjour ! Sacré nom de ma vie, je n’en reviens pas. Pourquoi, allez-vous me dire ? Eh bien, je n’en reviens pas de constater comment nous, comment bien des personnes chez nous, dans notre pays, peuvent ainsi oublier le passé. Je veux parler pour commencer de l’assurance maladie. Souvenez-vous ! Presque tout le monde était mécontent après les augmentations de primes ces dernières années et si nous avions dû voter à ce moment-là, je suis quasi certain qu’on aurait accepté la caisse unique ou caisse publique.

Mais aujourd’hui, que voit-on, que peut-on lire, c’est qu’il ne faut rien changer, surtout chez nos voisins suisses alémaniques. Même ceux qui n’ont pas reçu en retour ce qu’ils avaient trop payé n’y pensent plus !… Oh ! Ils sont malins du côté des caisses maladie privées avec leur publicité, publicité financée avec nos primes. Pourquoi ce changement d’avis ? Eh bien, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup – bien trop – de personnes des chambres fédérales qui font partie des conseils d’administration et qui ont intérêt à ne rien changer. Pourquoi a-t-on peur du changement ? La Caisse Nationale en cas d’accidents fonctionne bien elle, alors pourquoi avoir peur ? On nous dit des mensonges. Enfin, on verra bien comment cela va se passer dans un mois.

La deuxième chose que je voulais relever, c’est l’après-Fukushima. On croirait presque qu’il n’y a plus tant de danger avec nos centrales nucléaires ! Comme on peut vite oublier ! D’un côté, tant mieux, mais si on savait tout ce qui se passe au Japon, des souffrances des populations autour de Fukushima, on changerait d’avis et on serait un peu plus pressé d’abandonner nos centrales nucléaires dont nous ne maîtrisons même pas le problème des déchets !

Amis du patois, excusez-moi si je ne vous ai pas fait rire aujourd’hui, mais je vous engage à penser à l’avenir et à ne pas tout laisser faire.

Courroux, le 20 août 2014
Denis Frund