Publié : 14 janvier

Les Encrannes

Eric Matthey, Louis-J. Fleury

Les rues des encrannes sont nombreuses dans le Jura.

D’où vient ce terme ?

Eric Matthey :

Encranne est un mot patois. C’était une entaille faite dans un morceau de bois et correspondant à un droit de pâture. L’encrannement est l’enregistre­ment des droits de mettre une ou plusieurs bêtes sur le pâturage communal. Au premier printemps, le garde champêtre (le diaidge) de la commune est (était) chargé de « t“encrerm”ment », c’est-à-dire de l’enregistrement des droits de pâture. À cet effet, il passait dans les écuries pour y enregistrer (encran­naie) les bovins et les chevaux qui seraient lâchés sur les communaux. Autrefois, alors qu’il n’y avait pas d’ordinateurs et qu’on ne prenait pas de carnet ni de marques, l’encrannou faisait des entailles avec un couteau à travers deux planchettes de bois. Une de ces planchettes restait chez le secrétaire com­munal et l’autre chez le paysan. Ainsi personne ne pouvait tricher ! Donc, ces entailles s’appelaient bien sûr les encrannes. Même si la pratique a quelque peu changé, le terme d’encranne est toujours utilisé.

Des traces dans la toponymie

L’Ecrena, commune de La Brévine (Jura neuchâtelois)

Ci nom vïnt di patois encranne. Ènne encranne ç’ât ènne entaiye è dâli ïn encrann’ment ç’ât ïn drait d’ botaie ènne obïn quéques bétes chu l’ tieûm’nâ tchaimpois. Tchétche premie temps, l’ banvaîd d’ai tieûmune, l’encrannou, ât (était) tchairdgie d’enrôlaie les roudges-bétes è pe les tchvâs qu’ sraint laitchi chu les tchaimpois. Dains l’temps, dâli qu’ é n’y aivait p’ de botouses en oûedre è pe qu’an n’preniait p’ de yivrat o d’ maîrtçhes, l’encrannou f’sait des entaiyes d’aivô ïn couté chu dous piaintchattes en bôs. Ènne d’ ces piaintchattes d’moérait tchie l’tieûmnâ graiy’nou è l’âtre tchie l’ payisain. Dïnche niun n’ poéyait tritchie ! Dâli, ces entaiyes s’aippelïnt bïn chur les encrannes.
È bïn, ç’ât poi ènne tote grosse naiturâ l’encranne qu’lai vie pésse de Fraince en Suisse en lai dvane de l’Ecrena !

Ce nom, vient du patois encranne. Une encranne, c’est une entaille et donc, un encrann’ment
c’est un droit de mettre une ou plusieurs bêtes sur le pâturage communal. Chaque premier printemps, le garde champêtre de la commune, l’encrannou, est (était) chargé d’enregistrer les bovins et les chevaux qui seraient lâchés sur les pâturages. Dans le temps, alors qu’il n’y avait par d’ordinateurs et qu’on ne prenait pas de carnet ni de marques, l’ encrannou faisait des entailles avec un couteau sur deux planchettes de bois. Une de ces planchettes restait chez le secrétaire communal et l’autre chez le paysan. Ainsi personne ne pouvait tricher ! Alors ces entailles s’appelaient bien sûr les encrannes.
Et bien, c’est par une gigantesque encranne naturelle que la route passe de France en Suisse à la douane de … l’Ecrena !

Eric Matthey Les Foulets, le 7 novembre 2016

Une encrante = une encoche = une bête sur le pâturage

La baguette encochée et coupée en deux, ou les planchettes,constituaient une quittance, une preuve.

Cette forme de quittance est l’ancêtre du code barre et de son dérivé le code QR.

1, encocher la baguette de coudrier, donc de noisetier

2. la fendre en deux parties

3. une reste chez le propriétaire de la bête, l’autre va chez le berger

4. L’ancêtre du code barre

qui se complexifie et devient le QRcode