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Publié : 19 août 2011

Lai drie-temps, Le dernier temps, Lai Tchaindelatte, GHETE 2010, 108-1208, p.20

AVEC LES PATOISANTS DES « CIEUTCHATTES DI DOUBS »

Loi drie-temps


Ecouter le texte dit par Michel Cerf, accent ajoulot

info document -  MP3 - 2.4 Mo

L’hèrba, c’te che bèlle séjon, airrive. Ses tieulèes chatoyainnes rédjoyant l’âme et ses feuiyes tchoits faint’in douçat taipis dôs nos pieds. Mains çi temps nos fait musaie que po nôs, dgens d’lai Montaigne, c’at aitôt lai moue séjon que couégne en lai pouetche. Coli nos bèye ïn po lai grie.

Po les véyes, elle veut être craib ;i’n lai drire. Nôs n’sons p’cment l’aibre : è s’tieûvre de feuiyes à bontemps po pâre vétiainçe. Mains c’ment nôs sons chûrs qu’è y é ’in tchemin de l’âtre sen, ç’at aitôt ènne échpéraince. È fât nos i aippontie che nôs ne v’lant p’tchoire tôt drait en Enfè !

An muse en tûtes les fâtes qu’an aint faites et qu’an airait poyu d’pèssaie d’côte. An s’muse qu’ç’at lai drire boussiatte po s’faire paidg’naie ! È fât pare coraidje, mainme que des côps, ç’at bïn dû. Aiprés, an peut paitchie solaidjie po ïn monde qu’an dit moiyou.

Nôs sons c’ment ces feuiyes que tchoyant tôt piain, c’ment che èlles y en encratchaient. C’ât che bé d’les vouere viraiyie aiprés s’être détaitchies de l’aibre qu’lés aivait neuries tôt à londg des pu bés mois.

C’ment èlles, bïn des nôtres sont paitchis, chûrs d’être b ;in aitçheuyis dains l’â-d’li. En lai Tôssaint, nôs airains ènne musatte po tus, pairents et aimis. Nôs àins la promasse qu’ïn djoué, nôs les r’trovrains dains la majon di Père.

Lai Tchaindelatte


Le dernier temps

L’automne, cette si belle saison, arrive. Ses couleurs chatoyantes réjouissent l’âme et ses feuilles tombées font un doux tapis sous nos pieds.

Mais ce temps nous fait penser que pour nous, gens de la Montagne, c’est aussi la morte saison qui cogne à la porte. Cela nous donne un peu le vague à l’âme.

Pour les vieux, elle sera peut-être la dernière. Nous ne sommes pas comme l’arbre, qui se couvre de feuilles au printemps pour reprendre vie. Mais comme nous sommes sûrs qu’il y a un chemin de l’autre côté, c’est aussi une espérance. Il faut nous y préparer si nous ne voulons pas tomber tout droit en Enfer !

On pense à toutes les fautes qu’on a faites et qu’on aurait pu éviter. On se dit que c’est le dernier moment pour se faire pardonner ! Il faut prendre courage, même si c’est parfois bien difficile. Après, on peut partir soulagé pour un monde que l’on dit meilleur.

Nous sommes comme ces feuilles qui tombent tout doucement, comme si elles le regrettaient. C’est si beau de les voir tournoyer après s’être détachées de l’arbre qui les avait nourries tout au long des plus beaux mois.

Comme elles, bien des nôtres sont déjà partis, sûrs d’être bien accueillis dans l’Au-delà. A la Toussaint, nous aurons une pensée pour tous, parents et amis. Nous avons la promesse que nous les retrouverons un jour dans la maison du Père.

La Chandolatte

107 - 1188 Ghete2010, page 20

Ph.Robert



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