Par : Fleury LJ
Publié : 19 septembre 2012

Voter !

Vâtaie !

La Babouératte, la Coccinelle

Vâtaie  !

‏Vâtaie… è craire que ç’ât le redyïndiat que nos sons oblidgie d’ôyir tote â lông de l’an-nèe. Vâtaie, ç’ât ïn devoi po tchéque citoyein de tchie nos  ; mains allèz vos y retrovaie dains tos ces pairtis.

‏È feut ïn temps, pon se lèvi, voùé nos poyïns nos y retrovaie.
‏È y aivait  : les nois pe les roudges, dïnche-lai le tchoix s’en trovait sïmplifyè. Mitnaint, des pairtis, è y en aî des rottes, que se désignant svent pai doux, vôe trôs lattres, pe ène môlure. Tchétchün lai sïnne. Botèes de côte, quée bélle Couénatte de Saïnt Boinaît çoli bèye  !

‏Les hichtoires pitchaintes des éléctions dains les tyeummunes de tchie nôs, ne sont pon prâtes d’étre rébyèes.

‏Çte derrire, ç’ât péssèe dains ène écôle voùé le raiccouédjaire ensoignie en ène vïntainne d’éyeuves. En lai yeçon d’ïnchtruction civique, les dichcussions int dévièes su les ïnyes pe côtumes di vlaidge, les réyements des vâtations dains lai tyeummune po nanmaie le Mére, les conséyies.

‏Cmen les afaints d’adjd’heu n’int pon lai landye dains lai baigatte, çoli déchcutait fêchte. Les sibyas, les dôs-ôyus, totes couéynades que demouéraint en traivés di gairguesson di Martin.

‏Conrad, son pére, prétendaint en lai pyaice di Mére, aivait raiméssé ïn chpèntz  ! De paivu que lai yeçon ne vire â voirdjou, le raiccouédjaire djâbyé ène étchaipâle  :

‏- Martin, qu’és-te  ? Ç’ât ces derris vâtes que t’engraingnant  ?

‏- De lai pyaice de Mére, y m’en fos bïn mâ. Mains y vôros vôe le mouére de cés que se fotant de moi se ès dèvaïnt, cmen moi, voili tchïnze djoués, maindgie maitïn, médi, moirande  : di tchaimbon, des begnats, des touétchés, pe y pésse su les salaidges  ! Chûr de l’éléction de son hanne, mai mére aivait aipointie ïn graind-maindgie di touainnère po les aimis du pairti. Des aimis, te djâse  ! …

‏Mitnaint, ne me djâsè pus de vâtes, s’è vos pyaît.
Lai Babouératte

Voter  !

Voter… à croire que c’est le refrain que nous sommes obligés d’entendre tout au long de l’année.

Voter, c’est un devoir pour chaque citoyen de chez nous  ; mais allez vous y retrouver dans tous ces partis.

‏Il fut un temps, pas si loin, où nous pouvions encore nous y retrouver. Il y avait  : les noirs et les rouges, ainsi le choix s’en trouvait simplifié.

‏Maintenant, les partis sont de plus en plus nombreux et se désignent souvent par deux ou trois lettres et une couleur. Chacun la sienne. Placées à côté l’une de l’autre, quel bel arc-en-ciel ça donne  !

‏Les histoires piquantes des élections, dans les communes de chez nous, ne sont pas prêtes d’être oubliées.

‏Cette dernière s’est passée dans une école, où l’instituteur enseignait à une vingtaine d’élèves. A la leçon d’instruction civique, les discussions ont dévié sur les us et coutumes du village, les réglementations de votation dans la commune pour nommer le Maire, les conseillers.

‏Comme les enfants d’aujourd’hui n’ont pas la langue dans la poche, ça discutait bruyamment. Les cancans, les sous-entendus, toutes plaisanteries qui restaient en travers de la gorge de Martin.

‏Conrad, son père, prétendant à la place de Maire, avait ramassé une veste  !

‏De peur que la leçon ne tourne au vinaigre, l’instituteur essaya un échappatoire  :

‏- Martin, qu’as-tu  ? Ce sont ces derniers votes qui te fâchent  ?

‏- De la place de Maire, je m’en fiche pas mal. Mais, je voudrais voir la mine de ceux qui se moquent de moi. S’ils devaient, comme moi, voilà quinze jours, manger matin, midi et souper  : du jambon, des beignets, des gâteaux à la crème et je passe sur les salades  ! Sûre de l’élection de son mari, ma mère avait préparé un gueuleton du tonnerre pour les amis du parti.

Des amis, tu parles  !... Maintenant ,ne me parlez plus de voter, s’il vous plaît.
La Coccinelle