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Par : Fleury LJ
Publié : 11 juin 2012

Ecole et patois Jurassien

Léa Beuchat : Le rôle de l’école dans la disparition et la tentative de restauration du patois

Gymnase français de Bienne, travail de maturité

Introduction :

Lorsque j’étais encore toute petite et que j’allais en vacances ou en visite chez mon grand-père, en Ajoie, lui ou certains de ses proches m’adressaient parfois quelques paroles en patois :
‘‘Coidj’te baidgèlle !’’ (Tais-toi bavarde !)

‘‘Grôs djâsou p’tét f’sou’’ (Grand causeur, mais petit faiseur !)

‘‘T’és predju tai landye ?’’ (Tu as perdu ta langue ?)

Enfant, cette langue m’intriguait beaucoup car elle représentait visiblement quelque chose de très important pour mon grand-père qui prenait beaucoup de plaisir à me taquiner ainsi en jouant avec des mots qui ne me disaient rien. Comme j’étais frustrée de ne pas comprendre, cela rendait son langage encore plus fascinant, comme un secret. Mon grand-père parle couramment patois et le pratique chaque fois qu’il en a l’occasion. Quand il nous parle, certains noms d’objets, certaines expressions ou proverbes lui viennent dans cette langue. Je n’acceptais pas que mes parents ne me l’aient pas apprise. Je demandais à connaître des mots, à apprendre des phrases. C’était un jeu. Je me souviens quand j’ai su dire : ‘’Ât-ce que vôs djâsèz l’patois ?’’

La semaine suivante à l’école j’allais vers toutes mes copines de Bienne en répétant très fière de moi : Ât-ce que vôs djâsèz l’patois ? Plus grande, j’ai cherché des livres de grammaire, mais j’ai été surprise de constater que cela n’existait pas vraiment. Je n’ai trouvé que des glossaires, des dictionnaires ou des petits textes. Mon grand-père m’a expliqué que le patois était un dialecte surtout parlé, mais pas enseigné dans des manuels scolaires. Il a rajouté que lorsqu’il était enfant, il était même interdit à l’école. Pourquoi ?

Je me posais plein de questions. La plupart de mes camarades parlaient la langue maternelle de leurs parents et grands-parents. Pourquoi moi je ne la comprenais pas ? Pourquoi ma maman ne me parlait pas la langue de son père ? Pourquoi l’école rechignait-elle de l’enseigner, interdisait-elle-même de le parler ? Pourquoi de nos jours, le patois s’est-il probablement perdu même si de nombreux mots expressifs subsistent encore dans le discours familier des jurassiens ?

Le travail de Léa Beuchat, à télécharger

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