Publié : 18 septembre

Une histoire de chasse

Hichtoire de tcheusse

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 18 septembre 2020

Hichtoire de tcheusse

Ç’ât ïn véye hanne que vai voûere son méd’cïn. Çtu-ci yi d’mainde cment qu’ çoli vai.
- I seus en pieinne forme, que répond le véye hanne. I soûe d’aivô ènne fanne de quarante ans pus djûene èt peus i l’aî engrôchie sains meinme aivoi coutchi d’aivô lée. Sôrpregnaint, nian ? Se ç’ n’ât p’ènne sïndyuyiere hichtoire çoli ! Qu’at-ce que vôs en dites  ?
- Çoli n’ serait p’ïn nové côp di Sïnt-Échprit  ?
- Vôs s’ fotèz d’ moi, Dottoé  !
- I n’oûejerôs pe. Mains tenites, i vôs en veus raicontaie yènne. Èt peus, ç’ât qu’èlle ât vraie, çtée-li. Oûyietes-me. I aî ïn aimi qu’ât ïn enraidgi tchessou. Ç’ât âchi ïn sacrè l’éyeudgi. Ïn djoué d’èrbâ qu’èl allait en lai tcheusse, è s’endieujé èt, â yûe de pâre son fie-fûe, è pregné son pairaipieudge. Ènne lievre chordgé d’ïn boûetchèt drèt d’vaint lu. È crait épâlaie, pe d’ fie-fûe. Le temps de s’ trâtaie d’ fô èt de djurie ïn sacré nom de Dûe, lai lievre tchoyé roide moûe è ses pies.
- Ç’ât des mentes. Ïn âtre tchessou é tyirie en sai piaice.
- Vôs èz tot compris. Ç’ât drèt li qu’i v’lôs en v’ni.

Note
ïn sacrè l’éyeudgi, un sacré étourdi
è s’endieujé, il se trompa
son fie-fûe, son fusil
Ènne lievre chordgé, un lièvre surgit (féminin en patois)


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Une histoire de chasse

Un vieillard consulte son médecin. Celui-ci lui demande comment ça va.
- Je suis en pleine forme, répond le vieil homme. Je sors avec une femme quarante ans plus jeune que moi. Je l’ai mise enceinte sans même avoir couché avec elle. Génial, non ? N’est-ce pas une histoire singulière ? Qu’est-ce que vous en dites ?
- Ce ne serait pas un nouveau coup du Saint-Esprit ?
- Vous vous moquez de moi, Docteur !
- Je ne me permettrais pas. Mais tenez, je vais vous en raconter une. Et une véridique, celle-là. Écoutez-moi. J’ai un ami qui est un chasseur passionné. Il est aussi terriblement étourdi. Un jour d’automne qu’il allait à la chasse, il s’est trompé et, au lieu de prendre son fusil il a pris son parapluie. Un lièvre surgit d’un buisson, juste devant lui. Il croit épauler, pas de fusil. Le temps de se traiter de fou et de jurer un sacré nom de Dieu, le lièvre tombe raide mort à ses pieds.
- Mensonges ! Un autre chasseur a tiré à sa place.
- Vous avez tout compris. C’est exactement là que je voulais en venir.