Publié : 19 janvier 2018

Yainnure (7)

Publié dans le Quotidien Jurassien le 19 janvier 2018

Yainnure (7)

Lai dyïnde, la musique. Di paipie è dyïndye, du papier à musique. Le mot dyïnde pourrait venir de gigue, instrument de musique à cordes frottées.

Ébâbi, étonné. I seus ébâbi de saivoi qu’èl ât moûe. Je suis étonné de savoir qu’il est mort. A rapprocher du verbe français ébaubir, de l’ancien français abaubir, rendre bègue Peut-être a-t-on tendance à bégayer sous l’effet de la surprise.

Ébieugi, se perdre. Rébiaie l’patois, ç’ât ébieugi l’âme de son câre de tiere. Oublier le patois, c’est perdre l’âme de son coin de terre. (Jean-Marie Moine)

Écâçhets, éclats de rire. Écâçhaie d’ rire, rire aux éclats.

Échaboulaie, effaroucher, effrayer, épouvanter. Boivin rentre en l’hôtâ en traivoichaint son çhiô èt en échaboulaint ses dg’rènnes que s’ démoénnant dains ïn brut de pieumes. Boivin entre chez lui en traversant son clos et en effarouchant ses poules qui s’agitent dans un bruissement de plumes.

Échaipouse, se dit d’une femme qui lave le linge. Les échaipouses faint lai bue en lai r’viere. Les lavandières font la lessive à la rivière.

Échomblaie, abasourdir. « Vôs v’lèz boire âtye », qu’è m’ dyé. Mains i étôs che échomblèe qu’i n’é ran réponju. Voulez-vous boire quelque chose, me dit-il. Mais j’étais si abasourdie que je n’ai rien répondu.

Écregneûle, chétif, se dit d’une personne très maigre. Échpèche d’écregneule est une injure : Espèce d’avorton ! D’un être chétif, sans longue espérance de vie, on disait crûment : Ç’t’écregneule, è n’veut p’allaie tchiere és étoules. Littéralement : Cet avorton n’ira pas chier sur les chaumes. Autrement dit, il ne passera pas l’automne.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

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