Publié : 24 mai 2018

Les statistiques

Les chaitichtiques

Jean-Marie Moine, Arc Hebdo mai 2018

Les chaitichtiques

 XVIIe siecle, le cartiul des prebâbyetès feut orinè poi les dous chéyébres mathémâti-chiens, ci Biaîje Pascal pe ci Pierat de Fermat. Lai probâbyetè, ç’ ât lai détreminâchion d’lai tchaince de réâyijâchion d ïn è-djô. Ch’ an tchaimpe ènne piece d’ïn frainc ch’ lai tâle, lai tchaince qu’èlle tchoiyeuche chus pile ât lai meinme que c’té qu’èlle tchoiyeuche chus faice ! Bïn chur, è fât qu’lai piece ne feuche pe pipèe ! Les prebâbyetés d’ces dous è-djôs sont égâs. Ènne aippyicâchion di cartiul des prebâbyetès feut les chtaitichtiques : è s’aidgeât d’étuâbyi des hypothéjes è paitchi d’ ïn échcapoulaidge (échantillonnage) de réâs l’ é-djôs, pe d’ faire des prevéjions conchèrnaint des ainaileudyes chirconchtainches. Voili les dous grôs probyèmes : ç’tu d l’échcapoulaidge, ç’tu des prevéjions… ! I me ch’vïns d’nôte raicodjaire de « prebâbyetès è chtaitichiques » d’ l’ Eunivèrchitè d’ Nûetchété, ç’te daime Sophie Piccard
Qu’nôs raipp’lait sains airrâte, que ces doûes mathémâtitçhes scienches étïnt roidyoujes, pe qu’è les fayait saivoi maîtrayie, po étre chur de n’pe en tirie des aévânièes couçhujions (des conclusions erronées). Adjd’heû, c’ment qu’tot ât counèctè, çoli vait soîe po tot ïn monde sains voirgangne, de conchtituaie poi chondaidge ïn échcapoulon que convïnt l’meu po qu’les chtaitichtiques prevéjions alleuchïnt dains l’seinche qu’èl é tchoiji. Ç’ ât ç’ qu’an peut trovaie quâsi tos les djoués dains les pubyichitéres traicts que boérrant nôs boétes és lattres ! L’âtre grôs probyème, ç’ ât ç’tu des prevéjions. Çoli conchichte è raittaitchie daidroit les de-nèes d’ïn échcapoulon en ènne des leis qu’fidyurant dains lai tyiorie des probâbyetès, pe
d’tirie des couçhujions de ç’te lei. Chi âchi, brâment d’dgens n’faint p’ daidroit ç’t’ opérâ-chion, en craiyaint qu’ès lai saint faire. Mains è y’ n’é âchi que maign’lant mâlhannêt’ment ces leis, po faire è craire n’ïmpoétche quoi és poûeres péquïns qu’nôs sons. Quéques éjem-pyes. - Qué l’endôbrie âtoué di « bio » ; vôs voites encoé ïn paiyijain daivô ïn çhaçhou dains les mains ? Qué tritch’rie âtoué des prôduts di cènou ; ât-ç’ qu’vôs craites que tot bousse
n’ïmpoétche laivou ? Qué fyelout’rie âtoué des bio-étrâchaints saitchats, dains mil ans, nôs déchendaints ne s’raint p’ encoé débairraichie de tot ci piaichti ! Qués mentes âtoué d’ènne écôle que r’tchie aidé i n’sais p’ quoi, âtoué d’nôs politiquous qu’faint des miraîçhes dains yôs dicaichtéres ! Mains, les chtaitichtiques de ces tritchous provant qu’tot vait défïnmeu… !

J-M. Moine

Les statistiques

Au XVIIe siècle, le calcul des probabilités fut créé par les deux célèbres mathématiciens, Blaise Pascal et Pierre de Fermat. La probabilité, c’est la détermination de la chance de réalisation d’un événement. Si on jette une pièce d’un franc sur la table, la chance qu’elle tombe sur pile est la même que celle qu’elle tombe sur face ! Bien sûr, il faut que la pièce ne soit pas pipée ! Les probabilités de ces deux événements sont égales. Une application du calcul des probabilités fut les statistiques : il s’agit d’établir des hypothèses à partir d’un échantillonnage d’événements réels, et de faire des prévisions concernant des circonstances analogues. Voilà les deux grands problèmes : celui de l’échantillonnage, celui des prévisions… ! Je me souviens de notre professeur de « probabilités et statistiques » de l’Université de Neuchâtel, madame Sophie Piccard qui nous rappelait sans cesse, que ces deux sciences étaient rigoureuses, et qu’il fallait savoir les maîtriser, pour être certain de ne pas en tirer des conclusions erronées. Aujourd’hui, comme tout est connecté, c’est facile pour tout un monde sans vergogne, de constituer par sondage un échantillon qui convient le mieux pour que les prévisions statistiques aillent dans le sens qu’il a choisi. C’est ce qu’on peut trouver presque tous les jours dans les tracts publicitaires qui bourrent nos boîtes aux lettres !
L’autre grand problème, c’est celui des prévisions. Cela consiste à rattacher correctement les données d’un échantillon à l’une des lois qui figurent dans la théorie des probabilités, et de tirer des conclusions de cette loi. Ici aussi, beaucoup de gens n’effectuent pas correctement cette opération, en croyant qu’ils savent la faire. Mais il y en a aussi qui bricolent malhonnête-ment ces lois, pour faire croire n’importe quoi aux pauvres péquins que nous sommes. Quelques exemples.- Que d’arnaques autour du « bio » ; vous voyez encore un paysan avec un sarcloir dans les mains ? Quelle tricherie autour des produits du terroir ; est-ce que vous croyez que tout pousse n’importe où ? Quelle filouterie autour des petits sacs biodégradables ; dans mil ans, nos descendants ne seront pas encore débarrassés de tout ce plastique ! Que de mensonges autour d’une école qui recherche toujours je ne sais quoi, autour de nos politiciens qui font des miracles dans leurs dicastères ! Mais, les statistiques de ces tricheurs prouvent que tout va très bien !

J-M. Moine