Par : Fleury LJ
Publié : 5 septembre 2014

Les sôs d’lai tçhète

Paru dans LQJ du 5 septembre 2014

Les sôs d’lai tçhète

Les tiuries frainçais n’aint p’de paye. An m’ont dit qu’ès poéyant voidgeaie ènne paît d’lai tçhète . I vôs l’raippoétche cment i l’ai oûyi.

Trâs tiuries boyïnt ïn tchâvé â M’lïn di Plain. Ès djâsant d’lai tçhète di duêmoène. Cment faire le pairtaidge ? Çtu d’Maîche n’manquait d’ran. Ses poirents étïnt rètches. Èls aivïnt des étius, des tieres, ïn bé tchété. Ès yi aivïnt eûffri ènne dyïmbarde po sai premiere mâsse. Ç’ât lu qu’aivait invitè ses confréres po ènne virie.

- Moi, i bèye tot és missions, qu’è dit.

- Te peus bïn, dié çtu d’Ïndevlè, moi i n’aî p’les moiyïns. Po saivoi qué paît i voidge, i maîrtçhe ènne laingne poi tiere, i yaince les pieces. Cés que tchoéyant dvaint mes pies, ç’ât po moi. Cés que tchoéyant d’l’âtre sens d’lai laingne, ç’ât po l’Ėvétçhâ.

- Moi, dié çtu de Trév’lè, i graiyene ïn çâçhe, les pieces que tchoéyant d’dains sont po moi.

- Èt peus moi, dié çtu de Daimprichard, i yiaince totes les pieces â cie, i n’voidge ran qu’cées qu’eurtchoéyant.

ïn çâçhe, un cercle


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

info document -  MP3 - 1.4 Mo

L’argent de la quête

Les curés français n’ont pas de salaire. On m’a dit qu’ils peuvent garder une partie de la quête. Je vous le rapporte tel que je l’ai entendu.

Trois curés boivent un verre au Moulin du Plain. Ils parlent de la quête du dimanche. Comment faire le partage ? Celui de Maîche ne manquait de rien. Ses parents étaient riches. Ils aivaient des écus, des terres, un beau château. Ils lui aivaient offert une voiture pour sa première messe. C’est lui qui avait invité ses confrères pour une balade.

- Moi, je donne tout aux missions, dit-il.

- Tu peux bien, dit celui d’Indevillers, moi je n’ai pas les moyens. Pour savoir quelle part je garde, je trace une ligne par terre, je lance les pièces. Celles qui tombent devant mes pieds, c’est pour moi. Celles qui tombent de l’autre côté de la ligne, c’est pour l’Ėvêché.

- Moi, dit celui de Trévillers, je dessine un cercle, les pièces qui tombent dedans sont pour moi.

- Et moi, dit celui Damprichard, je lance toutes les pièces en l’air, je ne garde que celles qui retombent.


La chronique patoise du QJ en direct :

<iframe
src="http://lqj.ch/patois" style="display:block;
width:98%; height:1000px; margin:auto;" marginwidth="1"
marginheight="1">