Par : Fleury LJ
Publié : 19 novembre 2012

Eribert Affolter, RFJ, 18 novembre 2012

Radio Fréquence Jura RFJ

Rubrique en patois du 18 novembre 2012

Auteur : Eribert Affolter

Thème : Se tromper de séance ou d’enterrement !

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Rfj.18 novembre 2012

Aimis di patois bondjoué.

Ề fât qui vôs raiconteuche les dous èrtieulons qu’i aî vétiu ces dries temps.

Le premie ç’ât è l’aissembièe de lai Fédération des patoissaints è Yovli. Ç’était le bontemps péssè. Voili encoé ènne boussèe que tos les patoisaints dairaint cheûdre, poche que nôs péssans ènne tote bèlle lovrèe.

Nos étïns sietè po aittendre l’ècmencement de lai séaince. Dous hannes, tot hèyrous, demaindant che les piaices de l’âtre sans de lai tâle sont libres. Mains bïn chur. Ề nôs aidrassant lai pairoles èt djâsant d’aivo nôs. C’était bïn sympathique.

I m’seus dit :

I n’é djemais vu ces dous li â patois, mains, è n’en tchâd. I étôs bïn aije de voûre des novéles tétes .

Le Prèsideint eûvre lai séaince bïn chur en patois. Les dous hannes se révisant ès se demaindant qu’é langaidge ès djâse. Ềs sont tot écâmi.

Ềh ! Mon Dûe dains qué souchitè nôs sont tchoit.

Ềs nôs demaindant dadon :

Qu’ât-ce que c’ât po ènne aissembièe ?

Ç’ât l’aissembièe de lai Fédération des Patoisaints.

Tot ébâbi ès compregniant qu’ès s’sont fotu d’dains de poye.
Eh oh ! Ç’ti soi li, è y aivait dous séainces â cabairet de lai Pochte. Ềnne po les tcheussous èt l’âtre po les patoisaints. Voili qu’ès ains tchaindgie de poye tot contant. I seus chur qu’ès n’ v’lant’p allaie s’braigaie é âtres tcheussous, l’herbâ qu’vïnt.

Lai meinme hichtoire mais ïn po pus craque. L’âtre djoué i seus t’allaie entèrrè ïn aimi ès St-Mie. Nôs sons entraie â môtie. In coupyie vïnt se sietaie devaint nôs. Lé, c’ment ènne raite dains ènne raitiere, se yeve, révisse è gâtche, è drate, djâse è son hanne. Ề beûyiant lai rote di moue.
Tot d’ïn côp ès s’yevant èt paitchant feu di môtie. I s’me dis qu’lé avait mâ.

Lai mâsse ât fini, nôs tçhittiant l’môtie èt c’ment d’aivéje nôs d’morant ènne boussiatte po voûre che è y é quéqu’un qu’nôs cognéchiant.

Voili que pèsse mon coupye d’aivo ènne fanne. Ềs r’veniïnt de lâtre môtie. Ci djoué li, è y aivait dous enterrements.

Vôs voites tiaint vôs èz lai téte dains la yune, l’aivoù çoli peut vôs aimoinnè.

Èt bïn ç’ât tot po adjed’heû. I vôs tchvâ ïn bon duemoine èt ïn bon peûtou che vôs péssè è tâle.

E. Affolter


Rfj.18 novembre 2012

Amis du patois bonjour.

Il faut que je vous raconte les deux gaffes que j’ai vécues ces derniers temps.

La première s’est déroulée à l’assemblée de la Fédération des patoisants à Glovelier au printemps passé. Voilà encore un évènement auquel tous les patoisants devraient participer car c’est une vraie soirée de détente.

Nous étions assis en attendant le début de la séance. Deux hommes, tout heureux, demandent si les places de l’autre côté de la table sont libres. Mais bien sûr. Ils nous adressent la parole et causent avec nous. Ce fut bien sympathique.

Je me suis dit :

Je n’ai jamais vu ces deux-là au patois, mais cela ne fait rien. J’étais heureux de voir des nouvelles têtes.

Le Président ouvre la séance bien sûr en patois. Les deux hommes se regardent et se demandent quelle langue il parle. Ils sont tout ébaudis.

Eh ! Mon Dieu dans quelle société nous sommes tombées.

Ils nous demandent alors :

Quelle société s’agit-il ?

C’est l’assemblée de la Fédération des Patoisants.

Tout étonnés ils comprennent qu’ils se sont trompés de salle.

Eh oui ! Ce soir là, il y avait deux séances au Restaurant de la Poste. Une pour les chasseurs et l’autre pour les patoisants. Voilà qu’ils ont changé de salle. Je suis sûr qu’ils ne veulent pas aller se vanter aux autres chasseurs, l’automne prochain.

La même histoire mais un peu plus raide. L’autre jour je suis allé enterrer un ami à St-Imier. Nous sommes entrés à l’église. Un couple vient s’asseoir devant nous. Elle, comme une souris dans une souricière, se lève, regarde à gauche, à droite, cause à son homme. Ils regardent la famille du mort. Tout d’un coup ils se lèvent et sortent de l’église. Je me suis dit qu’elle était malade.

Le culte est fini, nous quittons l’église et comme d’habitude nous restons un moment sur le parvis pour rencontrer quelques connaissances.

Voilà que passe mon couple avec une dame. Ils revenaient de l’autre église. Ce jour là il y avait deux enterrements.

Vous voyez lorsque vous avez la tête dans la lune, où ça peut vous conduire.

Et bien c’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite un bon dimanche et un bon appétit si vous passez à table.

E. Affolter