Publié : 29 juillet 2016

Un maladroit

Ïn loûerèt

Paru dans le Quotidien Jurassien du 29 juillet 2016

Ïn loûerèt

« Qu’ât-ce qu’è veut dev’ni, not’ Norbèrt, è n’sait ran faire de ses dix doigts. » Ses poirents l’aint botè és études. Le Norbèrt é bïn réussi. Èl é mit’naint ènne boénne piaice à Genève èt peus è gaingne bïn sai vie. Mains è n’ sait touedge ran faire de ses dix doigts. Sai fanne dit : « Mon hanne, èl é dous mains gâtches. »

Son boûebe é r’ci ïn cadre po sai premiere comm’nion. Le pére rebote aidé â pus taîd po l’aiccreutchie â murat.

Lai mére : « Tiaind qu’ te veus yi aiccreutchi son cadre, en ci p’tèt ? »

Le nitiou : « Pére, i voérrôs bïn qu’ te m’ boteuches ci cadre. »

Foûeche d’entendre lai meinme snieule, le pére se décide. È vait tçhri sai boéte és eutis. « Vïns, p’tèt, te m’ tïnrés l’étchiele. »

Lai mére aipprâte le dénèe en lai tieujènne. An entend des djurons dains la tchaimbre â long.Tot poi ïn bé côp, l’afaint airrive en lai tieujènne en pueraint èt se forre dains l’ goéné d’ sai mére.

- Qu’ât-ce qu’è t’airrive, mon p’èt pucïn ? Qu’ât-ce qu’è y é qu’ te pûeres dïnche ?

- Ç’ât l’ pére, M’man. È s’ât fotu ïn côp d’ maitché ch’ le peuce.

- È n’ sie ran d’ pûeraie. En tai piaice, i airôs riè.

- Ç’ât bïn ç’ qu’ i aî fait, dit le p’tèt en s’ teniaint lai djoue. Èt peus i aî r’ci ènne touetche.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

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Paru dans le Quotidien Jurassien du 29 juillet 2016

Un maladroit

« Qu’est-ce qu’il deviendra, Norbert, il ne sait rien faire de ses dix doigts. » Ses parents le mirent aux études. Norbert a réussi. Maintenant, il a une bonne place à Genève et il gagne bien sa vie. Mais il ne sait toujours rien faire de ses dix doigts. Sa femme dit de lui qu’il a deux mains gauches. »

Son fils a reçu une gravure pour sa première communion. Le père remet toujours à plus tard pour accrocher l’objet au mur.

La mère : « Quand vas-tu enfin la lui fixer, sa gravure au petit ? »

L’enfant : « Alors, Papa, tu me l’accroches, cette image ? »

A force d’entendre la même rengaine, le père se décide. Il va chercher sa boîte à outils. « Viens, gamin, tu me tiendras l’échelle. »

La maman prépare le dîner à la cuisine. On entend des jurons dans la chambre voisine. Soudain, le garçonnet arrive à la cuisine tout en pleurs et se blottit dans les jupes de sa mère.

—  Qu’est-ce qui t’arrive, mon petit poussin. Pourquoi pleures-tu comme ça ?

—  C’est Papa, il s’est flanqué un coup de marteau sur le pouce.

—  Il ne sert à rien de pleurer. A ta place, j’aurais rigolé.

—  C’est bien ce que j’ai fait, dit le petit en se tenant la joue. Et j’ai reçu une torgnole.


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