Par : Fleury LJ
Publié : 19 septembre 2010

Eribert Affolter, RFJ, 12 septembre 2010

Radio Fréquence Jura RFJ

Rubrique en patois du 12 septembre 2010

Auteur : Eribert Affolter

Le son

Eribert Affolter, RFJ, 100912 -  MP3 - 3.5 Mo
Eribert Affolter, RFJ, 100912

Le texte en patois

Rfj.13.12 septembre 2010

Aimis di patois bondjoué.

Le tchâtemps ât quâsi laivi. L’hèrbâ soinne en lai poûetche. Po lai rotte des patoisainnes èt des patoisaints de l’Aimicale des Taignons, ç’ât le moment d’aippointie l’aictivitè è v’ni. Le Comitè ç’ât dje raissembiaie quéques côps po saivoi c’que nôs v’lan faire po vos rédjôyi dains ces peus mois d’heuvi.

Note pus gros tieûsain ç’ât d’épreuvaie de voidgeaie ci patois, le bé langaidge de nôs véyes dgens. Le patois ç’n’ât’p qu’ènne landye, ç’ât ïn art de vivre. Ç’que ç’ât bon de vivre c’ment les véyes èt de pâre lai vétçhaince de lai boènne san. Vôs saites, po çoli, è n’y é’p fâte d’aivoi lai yune (la lune) obïn de diaingnie le gros lot. È fât sïmpyement tçh’ri l’aimoé èt l’aimitie. Dains lai vétçhaince è y é des piaîjis que ne côtant ran.

- Révisaie ènne bélle çhoé.

- Oyi ïn ôjé tchaintaie.

- Répondre en lai rusatte (sourire) de vote véjïn.

- Musaie â bïn nian’p é mâ.

- Aivoi ènne p’tète brêtche (une parcelle) de tieûsain po les âtres.

Èt chutôt botaie en pratique ç’te musatte (cette maxime) :

- È tchétçhe djoués seuffi sai poènne.

Tiaint vôs é fait ç’que vôs daites èt n’y è’p fâte de tçh’ri médé è tçhaitoûeje houres. Le Bon Dûe vôs bèye le rèchte pait chu le mairtchie.

Po en r’veni è note Aimicale ; ç’ât en dieche nûef cent septante quaitre que nôs véyes de l’Aimicale se sont raissembyiaie po le premie côp. Ç’ât bïn dannaidge que brâment de cés qu’aint fondè ç’te societè n’aint pu mâ é dents. Mains nôs sont hèyerous, cés que d’morant, de les aivoi cognu. Sains yos, adjed’heû, nôs airïns rébyè ci bé pailè.

Tos les dgens de note Aimicale travaiyiant po ran. Le piaîji ran’que le piaîji. Ç’n’ât’p c’ment tos ces gros que ne musant qu’è rempiâtre yos baigattes. Mitnaint è fât que çoli raippotcheuche gros, aidé èt encoé. È n’ en n’aint djemais prou.

C’ment tot le monde nôs dgens pregnant de l’aidge, èt an n’voit’p de djûenes que v’niant les rempiaicies.

Tochu, qué bonheyè nôs ains d’aipprâtaie èt de botaie en aivaint (de présenter) nôs lovrèes. Nôs ains di piaîji de faire piaîji. Tote lai rotte de note Aimical se bèye brâment de poène po bèyie atoué de yos les biâtès de lai vétçhaince. Se sont des fannes èt des hannes que sont hèyerous de vivre dains ci bé carre de tiere. Ès saint, po aivoi vu âtre paid, que ran ne vaut l’hôtâ.

Èt bïn ç’ât tot po adjed’heû. I vôs tchvâ ïn bon duemoine èt ïn bon peûtou che vôs péssè è tâle.

E. Affolter


Le texte en français

12 septembre 2010

Amis du patois bonjour.

L’été est presque terminé. L’automne sonne à la porte. Pour l’équipe des patoisantes et des patoisants de l’Amicale des Taignons, c’est le moment de préparer l’activité à venir. Le Comité s’est déjà rassemblé quelques fois pour savoir ce que nous voulons faire pour vous réjouir dans ces vilains mois d’hiver.

Notre plus grand souci c’est d’essayer de garder ce patois, le beau langage de nos ancêtres. Le patois ce n’est pas qu’une langue, c’est un art de vivre. Comme c’est agréable de vivre comme les anciens et de prendre l’existence du bon côté. Vous savez, pour cela, il n’y a pas besoin d’avoir la lune ou de gagner le gros lot. Il faut simplement chercher l’amour et l’amitié. Dans la vie il y a des plaisirs qui ne coûtent rien.

- Regarder une belle fleur

- Entendre un oiseau chanter

- Répondre à un sourire de votre voisin

- Penser au bien et non au mal

- Avoir une petite parcelle de souci pour les autres.

Et surtout mettre en pratique cette pensée :

- A chaque jour suffit sa peine.

Quand vous avez fait ce que vous devez il n’est pas nécessaire de chercher midi à quatorze heures. Le Bon Dieu vous donne le reste par surcroît.

Pour en revenir à notre Amicale ; c’est en mille neuf cent septante-quatre que nos ancêtres de l’Amicale se sont rassemblés pour la première fois.

Malheureusement beaucoup de ceux qui ont fondé cette société n’ont plus mal aux dents. Mais nous sommes heureux, ceux qui vivent encore, de les avoir connus. Sans eux, aujourd’hui, nous aurions oublié ce beau parler.

Tous les membres de notre Amicale travaillent gratuitement. Le plaisir rien que le plaisir. Ce n’est pas comme tous ces gros qui ne pensent qu’à l’argent. Maintenant il faut que cela rapporte, gros, toujours et encore. Ils n’en non jamais assez.

Comme chacun nos membres prennent de l’âge, et on ne voit pas beaucoup de jeunes qui viennent les remplacer.

Pourtant quel bonheur nous avons de préparer et de présenter nos soirées. Nous avons du plaisir à faire plaisir. Tous les membres de notre Amicale se donnent beaucoup de peine pour transmettre autour d’eux les beautés de la vie. Ce sont des femmes et des hommes qui sont heureux de vivre dans ce beau coin de pays. Ils savent, pour être allé voir ailleurs, que rien ne vaut la maison.

Et bien c’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite un bon dimanche et un bon appétit si vous passez à table.

E. Affolter