Publié : 19 juillet

La parole au lecteur

Lai parole â yéjou

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 19 juillet 2019

Lai parole â yéjou

Adj’d’heû, i léche lai parole en yun d’ mes fidèles yéjous, Eric Ankli, de Grandfontaine :

I vôs veus raicontaie ènne hichtoire que s’ât péssè è y é longtemps. Dous de Granfontaine, l’ Roudi èt peus l’ Gaston, sont aivu à Bèrne, voûere le Djosèt qu’é t’aivu opèrè â l’hopitâ. En paitchaint d’ l’hôpitâ, èls aint djâsè di malaite. Le Gaston dit en son cam’rade :

- Qu’ât-ce t’en penses, Roudi ? Cment que l’és trové, ci Djosèt ?
- Eh bïn, i l’ai trovè meu qu’ le drie côp. È veut bïntôt rentraie.
- I seus d’aiccoûe d’aivô toi. Çoli vât bïn l’ cop d’allaie boire ïn voirre chu ces boénnes novèlles.

Ès s’empityant â buffet en aittendaint yote train. Ïn voirre, dous voirres, trâs voirres. Le temps pésse. Ç’ât qu’è n’ fât p’ maintyaie l’ train. Èls aipplant le garçon po paiyie.

- Ç’ât cobïn ?

L’âtre prend les tickets, compte à voix béche èt dit :

- Zwölf fufzig.

Le Gaston qu’é les tickets les béye en ci Roudi en dyaint :
- Tïns, Roudi, paiye, te sais l’allemand.

An coégnât ci Gaston. Èl é di mâ n’aime pe trop tyirie feu sai boéche.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

info document -  MP3 - 3.2 Mo

La parole au lecteur

Aujourd’hui, je laisse la parole à l’un de mes fidèles lecteurs, Éric Ankli, de Grandfontaine :

Je vais vous raconter une histoire qui s’est passée il y a longtemps. Deux gars de Grandfontaine, Roudi et Gaston, sont allés à Berne, rendre visite à Joseph qui a été opéré à l’hôpital. En quittant l’hôpital, ils ont parlé du malade. Gaston dit à Roudi :

- Qu’est-ce que tu en penses ? Comment tu l’as trouvé, ce Joseph ?
- Eh bien, je l’ai trouvé mieux que la dernière fois. Il va bientôt pouvoir rentrer.
- Je suis d’accord avec toi. Il faut fêter ça. Sur ces bonnes nouvelles, ça vaut bien le coup d’aller boire un verre.

Ils s’enfilent au buffet en attendant leur train. Un verre, deux verres, trois verres. Le temps passe. C’est qu’il ne faudrait pas manquer le train. Ils appellent le garçon pour régler l’addition.

- C’est combien ?

Celui-ci prend les tickets, compte à voix base et dit :
- Zwölff fufzig.

Gaston se tourne vers Roudi et lui demande : « Qu’est-ce qu’il a dit ? »
- Douze francs cinquante, répond Roudi.
Gaston est connu pour son avarice. Il n’aime pas trop ouvrir sa bourse.
- Eh bien, paie, Roudi, toi qui sais l’allemand.