Par : Fleury LJ
Publié : 21 novembre 2009

Un autre temps : quand les EMS s’appelaient hospices

Âtre temps,

La Babouératte, la Coccinelle

Un texte de La Babouératte, dit par l’auteure

Un autre Temps, Babouératte 091121
Un autre Temps, Babouératte 091121 -  MP3 - 3.5 Mo
Un autre Temps, Babouératte 091121

Âtre temps

Les mâsons po les véyes dgens d’adjd’heu int bïn tchaindgies des hochpices de dains le temps. Nos véyes dgens sont meux leudgies, soingnies, mains craibïn mon envirtolès pai loue rotte. Des laingnes de condute, mons chtraingues que les réyements d’ïn âtre temps sont aito aippyiquès dains cés d’adjd’heu.

Ïn ancïn réyement d’ïn hochpice dâtè de dézeute cent cïnquante, nos en baiye ène idèe. Y n’aîe saivu rjippaie en l’envyétaince de le gréynaie po vos.

Èl ât ïntérdit és résidaints :

1.De se tirie feûs sains autorisâtion.

2.D’entraie dains les cabarêts obïn dains les éstaminets di vlaidge.

3.D’embrûre di vïn, di schnaps dains l’hôtâ.

4.De bèyie, de vendre en d’âtres dgens de l’hôtâ obïn d’end feûs des éffèts, des réçattes de lai mâson.

5.De s’ïndjuriaie, de s’arsouyaie ; ce çoli se produt di temps de lai neût obïn és nônnes, lai peunition sré doubyèe.

6.De s’embrûre dains les tcheusènes, les poiyes pe colidors de lai sen des malaites, à mons d’autorisâtion chpéciale.

7.D’odjoiyie, d’égrâlaie les mus des colidors pe poiyes, d’y cyoulaie n’entchâ quoi. De se coutchie véti su les yéts.

8.De touétchie és benés è âve end’feûs di sèrvi.

9.De touétchie és condutes pe benés di gaz.

10.De femaie dains les poiyes, colidors nyan femous.

11.D’étcheupaie âtre paît que dains les étcheupous.

12.D’odjoiyie les sèlles, mus, revétures obïn pyaintchies des tchoûeres.

13.De se livraie en des prepos obïn en des djèts dépiyaicis. Le nentoiyaidge tot content de tote tchoûéré fait dains les poiyes, colidors pe tchoûeres sont en lai tchairdge di coupâbye. Se ci derrie n’ât pon couégnu, ène, obïn pus d’ène tchaimbrèes poyant étre responsabyes pe peunies cmen tâs.

Peunitions

Les contrevenyaints âs défences ci-dechus srïnt peunis :

1.Des airrâts de ün è heute djoués.

2.Pus de toubac, pus de gotte, ne yèntse.

3.Envoidgeaie de sôetchie â vlaidge po ïn bon bout de temps.

4.En cas de soyevement, rjïmbaince és ôdres, rcis ; rentraie tchouc, chnâbre, ïndjures obïn âtres èrtchelons trap métchaines, le Présideint de l’aidminis-trâtion, peut ennoûedraie d’emprisnaie les fâtifs.

5.Lai rebaquaie di coupabye que rècmenceré de snyeûlaie obïn d’airguelaie les âtres, sré retyis pai lai Cômmission.

Aiprés yésure de ci véye réyement, y vos ïnvite d’allaie faire ène envèllie és aippairtements « Les Maidyites » construts è Saignedgie pe résavrès és dgens aîdgies. Ç’ât bé, ç’ât sïmpye pe ç’ât trés bïn. Nos aiyeux y sont haiyuroux, pe y vétchants sains tcheûsains.

Lai Babouératte

Autre temps

Les maisons pour personnes âgées d’aujourd’hui ont bien changé des hospices de dans le temps. Nos vieilles personnes sont mieux logées, soignées, mais peut-être moins entourées par leur famille. Des lignes de conduite, moins sévères que les règlements d’un autre temps, sont aussi appliquées dans ceux d’aujourd’hui.

Un ancien règlement d’un hospice, daté de dix-huit cent cinquante, nous en donne une idée. Je n’ai pas résistée à l’envie de l’écrire pour vous.

Il est interdit aux résidents

1.De sortir sans autorisation.

2.D’entrer dans les cabarets ou dans les estaminets du village.

3.D’introduire du vin, des alcools dans la maison.

4.De donner, de vendre à d’autres gens de la maison ou étranger, des effets, des provisions de la maison.

5.De s’injurier, de s’engueuler ; ci cela se produit pendant la nuit ou aux repas, la punition sera doublée.

6.De s’introduire dans les cuisines, les chambres et corridors du côté des malades, à moins d’autorisation spéciale.

7.De salir, de dégrader les murs des corridors et chambres, d’y clouer n’importe quoi. De se coucher habillé sur les lits.

8.De toucher aux robinets à eau en dehors du service.

9.De toucher aux conduites et robinets du gaz.

10.De fumer dans les chambres, corridors non fumeur.

11.De cracher autre part que dans les crachoirs.

12.De salir les chaises, murs, parois ou planchers des toilettes.

13.De se livrer à des propos ou des gestes déplacés. Le nettoyage immédiat de toute salissure faite dans les chambres, corridors et toilettes sont à la charge du coupable. Si ce dernier n’est pas connu, une, ou plusieurs chambrées peuvent être responsables et punies comme telles.

Punitions

Les contrevenants aux défenses ci-dessus seront punis :

1.Des arrêts de un à huit jours.

2.Plus de tabac, plus d’eau-de-vie, ni gentiane.

3.Privation de sortie au village pour un temps déterminé.

4.En cas de mutinerie, résistance aux ordres reçus ; rentrer ivre, chahut, injures ou autres bévues trop méchantes, le Président de l’administration peut ordonner d’emprisonner les fautifs.

5.Le renvoi du coupable qui recommencerai d’agacer ou harceler les autres, sera requis par la Commission.

Après lecture de ce vieux règlement, je vous invite d’aller faire une visite aux appartements « Les Marguerites », construits à Saignelégier et réservés aux personnes âgées. C’est beau, c’est simple et c’est très bien. Nos aïeuls y sont heureux, et y vivent sans soucis.

La Coccinelle