Par : Fleury LJ
Publié : 9 mai 2009

Franches-Montagnes, historique de l’étang de Plain de Saigne

Origine des étangs des Franches-Montagnes

Des trous creusés lors de la dernière glaciation, il y a environ 9’000 ans se sont comblés formant des tourbières.

L’exploitation de la tourbe a permis le retour de l’eau dans certains étangs.
Les gens de la montagne qui devaient aller au bord du Doubs pour scier leur bois ou moudre la graine se demandaient comment obtenir la dénivellation nécessaire pour utiliser la force de l’eau.

La solution : employer les emposieux ou dolines !

Installer une roue à aubes ou une roue à palettes dans l’emposieu et construire la scierie ou le moulin par-dessus. On trouve ce système, dans une grandeur plus imposante, au Col des Roches près du Locle.

Origine du mot Plain de Saigne

latine : planus : surface sans aspérité

plain : plaine, terrain plat

saigne, sagne : marais, marécage

saigne : laîche, massette

Au travers des siècles :

Le chapitre de St-Ursanne était propriétaire de Plain de Saigne.

1481 : Un écrit contient le nom de Plain de Seigne. (ancienne graphie)

1738 : la commune de Montfaucon donne procure à Jean-François Farine (ancien maire) et Joseph Farine (ambourg) d’acheter l’étang de Plain de Saigne en allant emprunter de l’argent à l’Abbaye de Bellelay, l’Abbé étant un ressortissant de Montfaucon.

Le prêt accordé et l’achat conclu, la commune loua le tout à Pierre Louis ( Louys) Girardin du Bémont (Belmont), maître meunier (munie) et charpentier.

Le moulin, la rasse (la scie), la ribe (le broyeur), les bâtiments sont en mauvais état. Le contrat de location contient donc des conditions demandant le rétablissement du tout et en plus du creusage de l’emposieu pour installer une deuxième roue en-dessous de l’ancienne pour profiter de la force de l’eau deux fois.

Pierre Louis Girardin doit de plus, refaire et rehausser la chaussée pour supporter les chariots, les chevaux et retenir l’eau.

1739 : des corvéables venaient l’aider. Après quelques temps, ils refusèrent d’y aller disant que c’était un lieu où l’on risque sa vie à tout moment. Ce sont les amendes qui eurent raison de leur peur.

La communauté surveille les travaux, si Pierre Louis Girardin travaille bien, elle payera la visite, s’il travaille mal, c’est Girardin qui paye et la communauté peut le chasser et foustrer dudit travail et lieu, sans luy rien donner.

1743 : La remise en état est terminée.

1744 : Le bail n’est pas renouvelé : la communauté de Montfaucon vend les moulins à Jean- François Farine qui, 6 ans auparavant, était allé chercher des sous à Bellelay.

1846 : la communauté de Montfaucon accorde à la société des Forces d’Undervelier le droit d’extraire la tourbe pendant 80 ans.

1849 : le meunier se plaint à La communauté de Montfaucon, qu’il n’y a plus assez d’eau à cause de l’extraction de la tourbe et de l’abattage du bois.

4 générations de Farine se succèdent pour faire tourner les roues, les moulins et les scies jusqu’à la fin du 19e siècle. Seule la scierie fonctionna encore jusqu’en 1920.

1926 : cessation de l’extraction de la tourbe. La commune de Montfaucon reprend ses droits.

1940-41 : pendant la deuxième guerre mondiale, on extrait encore un peu de tourbe. M. Antoine Houlmann de Lajoux raconte dans le Quotidien Jurassien du 17.02.05 son expérience.

    • À l’âge de dix ans, il allait à l’école le matin et l’après-midi, il se rendait à Plain de Saigne pour empiler les planches de tourbe pour le séchage. Cette tourbe servait à chauffer la ville de Bâle.

1972 : zone inscrite comme réserve naturelle.


Retour aux documents des Franches-Montagnes


Retour au portail Djâsans