Par : Fleury LJ
Publié : 20 septembre 2012

Chasse aux souris

Traque és raites

La Babouératte, la Coccinelle

Traque és raites

An-nèe de neuséyes  : an-nèe de boûebes. An-nèe de vouépes : an-nèe de noi. An-nèe de raites… y n’aî ren trovè de meux aippropriè qu’an-nèe de déche  !

Dje en herba péssè, des djèts aivaint-ritous présaidgie l’envèllie des rôdgeous.

Tcheutchis, tchaimpois, meînme les pus petéts câres de vâzon sont empeûtès pai des gangues, des moûenires, raivaidges léssies pai les campagnols, les raites reûjiâles, les derbons.

Slon loûes aivésie, ces fouïnnous se sont neurris, int détrut les raicènes di vâzon, des voûegnes, d’âtres des lairves d’ïnséctes, de vés de terre.

Mains tus vint édie a marlies pe mondres réecoltes de forraidge po l’an-nèe que vïnt.

Ïn heuvé douçat, quâsi pon de noi è édie lai crâssance des rôdgeous.

Ène guégne en aimouéne ène âtre  ; y veux djâsaie de l’ouéjon de lai roidge des bétes de nos bôs, qu’ée entrïnnè l’évadnèe des rnaids, grôs maindgeous de raites. On djâse d’ène vïntainne pai djoué. Quél aippétit  !

 premier djoué di bontemps, lai noi paitchie, les paiyisains écâmis int détchevrit les raivaidges dains les tchaimps pe les péturaidges. En lai pyaice de surfaices voirdéchaintes, ès n’int détchevrit que des érâs de taitches brünes, sains hérbe ne sieurattes, des paitérres grebis de gangues. Tot pyein de moûenires, ço que vai ôdjoiyie de térre le forraidge â tchâtemps.

Le paiyisain n’ât pon hanne è se léssie aibaittre. Aivo sai saidgeasse pe son sné d’aivése, èl aî éprovè le saivoi-fait, hertaince de ses aiyeux, po se débairaissie de ces petétes bétes.

Embrure le gaz di tyau d’étchaipement di vélomoteur dains les gangues, aito lai brussou de carbure  ; di byè empôsnè  ; rossoiyie de grôsses peufnèes aivô lai mieûle de lai férme. Ren ni fait, les raites sont aidé lì. El é bïn musè è demaindaie de l’éde â cainton, mains ç’ât de cheûte qu’èl en aî fâte…..

Tot compte fait, note hanne en ât rvni en lai bouénne véye aivése  : ïn bon taupie aivô ses traippes pe son sné  !

Ç’ât meux po lai naiture, po son tchïn, pe ses tchaits. Nyün ne srai empôsnè

Lai Babouératte

Chasse aux souris

Année de noisettes  : année de garçons. Année de guêpes  : année de neige. Année de souris… je n’ai rien trouvé de mieux approprié qu’année de misère.

Déjà en automne dernier, des signes avant-coureurs laissaient présager la visite des rongeurs.

Jardins, pâturages, même les plus petits coins de gazon sont enlaidis par des galeries, des taupinières, ravages causés par les rats des champs ( campagnols ), les mulots et les taupes noires.

Selon leurs habitudes, ces hôtes indésirables se sont nourris des racines du gazon, des graines, d’autres de larves d’insectes, de vers de terre.

Mais tous vont contribuer aux moindres récoltes de fourrage pour l’année prochaine.

Un hiver clément, peu de neige a favorisé la croissance des rongeurs.

Une guigne en amène une autre  ; je veux parler de l’épidémie de la rage des bêtes de nos forêts, qui a entraîné la disparition des renards, gros mangeurs de souris. On parle d’une vingtaine par jour. Quel appétit  !

Aux premiers jours du printemps, la neige partie, les paysans stupéfaits ont découvert les ravages dans les champs et les pâturages. A la place de surfaces verdissantes, ils n’ont découvert que d’énormes taches brunes, sans herbe ni fleurettes, des parterres infestés de galeries. Énormément de taupinières, ce qui va salir de terre le fourrage en été.

La paysan n’est pas homme à se laisser abattre. Avec sa sagesse et son bon sens habituel, il a essayé le savoir-faire, héritage de ses aïeux, pour se débarrasser de ces petites bêtes.

Introduire le gaz du tuyau d’échappement du vélomoteur dans les galeries, de même la vapeur de carbure  ; du blé empoisonné  ; arroser abondamment avec le purin de la ferme. Rien n’y fait, les souris sont toujours là. Il a bien pensé à demander de l’aide au canton, mais c’est tout de suite qu’il en a besoin…

Tout compte fait, notre homme en est revenu à la bonne vieille méthode  : un taupier avec ses trappes et sa jugeote.

C’est mieux pour la nature, pour son chien, pour ses chats. Personne ne sera empoisonné.

La Coccinelle