Par : Fleury LJ
Publié : 21 septembre 2012

Cette fois-ci, nous y sommes !

C’ti côp, nôs y sons !

Jean-Marie Moine

C’ti côp, nôs y sons  !

Aiprés qu’è s’ feut étchâdè poi des vôtes qu’ n’ allïnt p’ aidé c’ment qu’ brâment l’airïnt v’lu, note véjïn paiyis, lai Fraince ât mitnaint ch’cou poi ènne âtre dôb’rie  : lai cope di monde di djûe de p’lote d’aivô les pies. E n’y é bïntôt pus ran qu’ çoli qu’ compte  ! Nôs feuyes ne djâsant quasi pus que d’ ces djûes. N’ pailans p’ d’ lai télé  !

An ont r’fait des piaices de djûe dains brâment d’ vèlles sains ran di tot s’ musaie de tot ç’ qu’ çoli veut côtaie. Poidé, des sous, an en trove bïn soie adjed’heû, â moins po ç’ qu’an veut  !

I m’ r’âte li d’ mes piainjèts, i aî pavou qu’ vôs craiyeuchïns qu’ i seus contre tot çoli. E bïn nian, i n’ le seus p’. Tot sïmpyement, i n’aidmâts p’ lai démeûjure d’airdgent qu’ ces djûes pregnant.

C’ qu’ ât bé, è ç’ât ç’ qu’ an dairait pus s’vent dire, ç’ât qu’ les diff’reints peupyes d’ note bôle de tiere sont li po se r’trovaie, po dichcutaie, po aippâre è s’ meu coégnâtre, po djûere ensoinne, po s’ réchpectaie, nian p’ po s’baittre.

Dâli, bïn chur qu’ i veus ravoétie quéques « matches  » dains ç’te boéte è imaidges. I tçhuâs en tus les djvous bïn di piaîji. Qu’ les moiyous diaingneuchïnt  !

Coli m’ veut raimoinnaie è quéques annèes en d’rie, tiaind qu’ènne rote de djûenes di v’laidge, nôs allïns l’ dûemoinne d’aivô nôs vélos, djûere en lai p’lote d’aivô les pies, dains d’âtres yûes d’ Aîdjoûe. Nôs paitchïns pieins d’échpoi, nôs v’lïns diaingnie. Bïn s’vent, tiaind qu’ nôs r’venyïnt, nôs péres s’ fotïnt d’ nôs en nôs d’maindaint ch’ nôs aivïns pris pus d’ « buts  » qu’ nôs étïns de djvous. Mains, ch’ vôs saivïns les bés seuv’nis qu’ i vadge de ces vâprèes. Cobïn de djûenes, des Crâs (Alle), des Tiaissèts (Coeuve), des Tchaits (Fontenais), bïn d’âtres encoé sont dev’nis d’ nôs aimis  ? An n’ les sairait pus comptaie.

E m’en encrât qu’ les djvous d’ note paiyis n’ feuchïnt p’ dains ces djûes, â moins tiaind qu’ i m’ muse en nôs p’téts l’afaints qu’airïnt aivu taint d’ djoûe è les voûere djûere, pe diaingnie  ! C’ ât craibïn po l’ côp qu’ vïnt  !

J-M. Moine

Cette fois-ci, nous y sommes  !

Après qu’il se fut échauffé par des élections qui ne se déroulèrent pas toujours comme beaucoup l’auraient voulu, notre pays voisin, la France est maintenant secouée par une autre folie  : la coupe du monde de football. Il n’y a bientôt plus que cela qui compte  ! Nos journaux ne parlent presque plus que de ces jeux. Ne parlons pas de la télévision  !

On a restauré des terrains de jeu dans de nombreuses villes sans se soucier en rien de ce que cela coûterait. Parbleu, on trouve aujourd’hui bien facilement de l’argent, au moins pour ce que l’on veut  !

Je cesse ici de me plaindre, j’ai peur que vous croyiez que je suis opposé à tout cela. Eh bien non, je ne le suis pas. Tout simplement, je n’admets pas la démesure financière de ces jeux.

Ce qui est beau et c’est ce qu’on devrait plus souvent souligner, c’est que les différents peuples de notre terre sont là pour se retrouver, pour discuter, pour apprendre à mieux se connaître, pour jouer ensemble, pour se respecter, non pour se battre.

Alors, je regarderai bien sûr quelques matches à la télévision. Je souhaite bien du plaisir à tous les joueurs. Que les meilleurs gagnent  ! Cela me ramènera à quelques années en arrière, lorsqu’une équipe de jeunes du village, nous allions le dimanche à vélo, jouer au football dans d’autres lieux d’Ajoie. Nous partions pleins d’espoir, nous voulions gagner. Bien souvent, lorsque nous rentrions, nos pères se moquaient de nous en nous demandant si nous avions « encaissé  » plus de buts que nous étions de joueurs. Cependant, si vous saviez les beaux souvenirs que je garde de ces après-midi. Combien de jeunes, d’Alle, de Coeuve, de Fontenais, d’autres encore sont devenus nos amis  ? On ne peut plus les compter.

Je regrette que les joueurs de notre pays ne participent pas à ces jeux, au moins lorsque je songe à nos petits enfants qui auraient eu tant de joie à les voir jouer, et gagner  ! C’est peut-être pour la prochaine fois  !