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Par : Fleury LJ
Publié : 27 octobre 2013

Hommage à Norbert Brahier

Hommaidge en ci Norbert Brahier qu’ât môe le 14 octobre 2013

Lai Yose et L’Agnès des Cramias

Hommaidge en ci Norbert Brahier qu’ât môe le 14 octobre 2013

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Bïn chér Nono,

L’Aimicale des Patoisaints le Taignon te r’merchie po tot ço qu’t’é fais po ci bé laingaidge, le patois.

T’étôs aidi li po bèyie ïn cop d’main.

Présideint d’lai Fédération, présideint des Taignons bïn des annèes. membre di groupe Djâsans que bote chu pied tos les ans des activitès po les afaints.
Membre di jury â concoué littéraire, èl è aichbïn fait çtu de ç’t’annèe po lai Féte è Bulle â mois d’ot.

Les lôvrèes, les djâseries, les théâtres te teniaient â tiûere. T’és tradut les pieces de théâtre en ces afaints, ces afaints que t’ainmïnt bïn. I m’en s’vïns tiaind en était en train d’aipparaiyie ces afaints te diaient : Nono aide-me è aiccreutchie mai robe, r’bote mon tchaipé daidroit, r’bote çoci, r’bote çoli.

È y aivait des Nonos dains tos les caires. Qué bé crôma que te nôs ès léchie !
Mitnaint qu’lai poutche di pairaidis qu’s’ât euvri, djâse en patois de li enson d’aivô tos les patoisaints qu’sont paitchis po ïn monde moyou. T’és aiyu ènne vétiaince bïn rempie, entre â Pairaidis mais voiye chu tai rote de patoisaints. I veus inco te dire cment te diais aidé : çoli veus ’laie, çoli veus ’laie.

Daivô lai grie â tiûre, les patoisaints Le Taignon te diant Aidûe Nono.

 nom de l’Aimicale Le Taignon : Lai Yose


Ç’ât d’aivô mai mére èt pe l’Norbert qu’i aî aippris l’patois d’lai Courtine.

Le Norbert pe moi, nôs étïns aidé les dous po bèyie les cos d’patois en l’écôle. Tiaind è fayait faire ôtçhe po les afaints, èl était d’aiccôd, èl était aidé li.

En pus de leur djâsaie patois, è les anneussait ïn po ci Norbert, c’était ïn coyenou èt pe les afaints ainmïnt bïn çoli.

Aiprés l’théâtre, è leur prâtait sai môjon po les sôtchies. Dains lai graindge, èl aipparayait le voiyïn ou bïn l’étrain. Mains d’vaint d’dremi, èl les poèrmenait aivô ses tchvâs ou bïn l’tracteur.

I en seus chûre, tos ces éyeuves voirderont de leur Nono cment ès dyïnt, le seuvni d’ïn hanne de sné aivo tiu è fsait rudement bon. D’aivô lu an ont aippris l’patois mains aichbïn qu’è fât aidé aivaincie an f’saint les tchôses sïmpyement, sains fanfeurluche.

Po tot çoli, i te r’mercie Norbert di fond d’mon tiûere.

L’Agnès des Cramias


Cher Norbert,

L’Amicale des Patoisants Le Taignon te remercie pour tout ce que tu as fait pour cette belle langue.

Tu étais toujours là pour donner un coup de main.

Président de la Fédération cantonale du Jura, président des Taignons bien des années, membre du groupe Djâsans qui met sur pied tous les ans des activités destinées à tous les élèves jurassiens.

Membre du jury au concours littéraire, il a aussi jugé les travaux de cette année présentés à la Fête internationale à Bulle au mois d’août.

Les veillées, les parlottes, les théâtre te tenaient à coeur.

Tu as traduit les pièces de théâtre à ces enfants, ces enfants qui t’aimaient bien. Je me souviens qu’au moment d’habiller les enfants pour le théâtre, ils te disaient :

- Nono, aide-moi à crocher ma robe, remets mon chapeau comme il faut, remets ceci, remets cela.

Il y avait des Nonos partout. Quel beau cadeau tu nous à laissé.

Maintenant que la porte du paradis s’est ouverte, de là-haut, parle en patois à tous les patoisants qui sont partis pour un monde meilleur.

Tu as eu une vie bien remplie, entre au paradis mais veille sur l’équipe des patoisants et comme tu disais toujours :

- ça ira, ça ira.

Avec le coeur gros, les patoisants Le Taignon te disent : Adieu Norbert.

Au nom de l’Amicale Le Taignon : la Yose


C’est avec ma mère et le Norbert que j’ai appris le patois de la Courtine. Norbert et moi étions toujours les deux pour donner les cours de patois à l’école.

Quand il fallait faire quelque chose pour les enfants, il était toujours d’accord et toujours là.

En plus de leur parler patois, il les taquinait un peu ce Norbert, c’était un plaisantin et les enfants aimaient bien ça.

Après le théâtre, il leur prêtait sa maison pour les sorties. Dans la grange, il apprêtait le regain ou la paille. Mais avant de dormir, il les promenait avec ses chevaux ou bien son tracteur.

J’en suis sûre, tous ces élèves garderont de leur Nono comme ils disaient le souvenir d’un homme de bon escient avec qui il faisait rudement bon.

Avec lui, on a appris le patois mais aussi qu’il faut toujours avancer en faisant les choses simplement sans fioritures.

Pour tout cela, je te remercie Norbert, du fond de mon coeur.