Publié : 20 mai 2016

La tremblote

Lai grulatte

Bernard Chapuis

Paru dans le Quotidien Jurassien du 20 mai 2016

Lai grulatte

Çât ènne fanne que vait conchultaie. Èlle n’é ran, ç’ât ïn sïmpye contrôle, cment tchéque an. Èlle fait tot po dmoéraie en boènne saintè, èlle ritte, èlle naidge, èlle fait di véyo, elle fait di yoga. Èlle se fait boûech’naie totes les snainnes. Tos les djuedis, és chés èlle retrove ses aimies d’ lai Fémina, ènne rotte de bèlles djûenes fannes que pratitçhant le sport cment lée, tutes pus aillurèes yune que l’âtre.

- Tot vait bïn yi dit l’ médcïn. Vôs n’èz p’ fâte de vôs faire di tieusain.

- Oh, vôs saites, Dottoé, ç’ n’ât p’ po moi qu’i m’en fais. Ç’ât po mon hanne.

- Qu’ât-ce qu’èl é, vote hanne ?

- È boit aidé pus. Ïn vrai pieinteusse. È dédjunon, en piaice d’ïn jus d’orange, ç’ât dj’ le voirre de vïn. È médi, trâs quaitre voirres de vïn, des côps cïntye. D’aivô son café, è yi fât sai gotte. Çoli n’peut pus durie. È grule, è chue. Èt peus ç’ât qu’è d’vïnt métchaint.

- Vôs yi dirèz d’ péssaie. I veus yi djâsaie.

Voili l’hanne qu’airrive tchie l’ méd’cïn. Èl ât mâ véti, mâ raisè, è chlïndye, è bésquéye, él é les mains que treimbyant.

- Vot’ fanne m’é djâsè d’ vôs. Ouyîtes-me. È vôs fât râtaie d’aivô lai boichon. Vôs n’ voites pe dains quél état vôs étes, cment vos mains treimbyant. Vôs s’étes dje vu dains l’mirou. Vôs faites è pavou. Vôs boiyèz brament trop .…

- Oh nian, Dottoé, i n’ bois dj’ pe taint qu’ çoli. I en renvoiche brament âchi.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

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La tremblote

Une femme se rend en consultation. Elle n’a rien, c’est un contrôle annuel de routine. Elle fait tout ce qu’elle peut pour rester en bonne santé, elle court, elle nage, elle fait du vélo, elle fait du yoga. Elle se fait masser toutes les semaines. Tous les jeudis, à six heures du soir, elle retrouve ses amies de la Fémina, un groupe de belles jeunes femmes qui pratiquent le sport comme elle, toutes plus belles l’une que l’autre.

—  Tout va bien, lui dit le médecin. Vous n’avez aucun souci à vous faire

—  Oh, vous savez, Docteur, ce n’est pas pour moi que je m’en fais. C’est pour mon mari.

—  Qu’est-ce qu’il a, votre mari ?

—  Il boit de plus en plus. Un vrai ivrogne, et même plus ! Au petit déjeuner, au lieu d’un jus d’orange, c’est déjà le verre de vin. A midi, trois, quatre verres de vin, parfois cinq. Avec son café, il lui faut son digestif. Cela ne peut plus continuer. Il tremble, il transpire. Et puis, c’est qu’il peut devenir méchant.

—  Vous lui direz de passer. Je vais lui parler.

L’homme arrive chez le médecin. Il est mal vêtu, mal rasé, il sent mauvais, il trébuche, ses mains tremblent.

—  Votre femme m’a parlé de vous. Écoutez-moi, il vous faut cesser de boire. Vous ne voyez dans quel état vous êtes, comme vos mains tremblent. Vous êtes-vous regardé dans le miroir ? Vous faites peur. Vous buvez exagérément.

—  Oh non, Docteur. Je ne bois déjà pas tant que ça. J’en renverse aussi pas mal.

La chronique patoise du QJ en direct :

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