Publié : 4 janvier

Causerie de janvier

Djâserie de djainvrie

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 4 janvier 2018

Djâserie de djainvrie

L’huvie ât veni
Poétchè poi lai bije.
Èl ât bïn fini
Le temps des celiejes.
Ch’ les étoules èt les aibres gris
En grulaint l’huvie ât veni
Poétchè poi lai bije.

È y en é qu’ n’ainmant p’ l’huvie. Poétchaint, qué bèlle séjon, tiaind qu’en djainvrie lai nadge eurtyeuve les tchaimpois, les toits, les vies. Qu’è fait bon se r’trovaie bïn â tchâd dains l’ poiye è raivoétaie les flocons déchendre di cie cment des p’tèts moéchés de bianc paipie. Qu’è fait bon se r’trovaie ensoènne po steuckaie ou bïn po prataie l’airoiye aux véyes dgens que raicontant des fôles de dains l’ temps.

Çhoé de djainvrie ne vait p’ â penie.
Nadge de djainvrie vât femie.
Nadge de djainvrie, rètche fèrmie.

En djainvrie, meu vât vouere le loup dains les tchaimps qu’ïn hanne en brais de tchemije.
S’ les moûetches dainsant dains l’oûere de djainvrie, ménaidge le foin de ton solie.

En lai Sïnt-Sébastien, l’huvie s’en vait o bïn revïnt.
Bé djoué és Rois, biè jusqu’â toit.
S’è dgeale en lai Sïnt-Raymond, l’huvie s’ré encoè bïn long.
Bé temps en la Sïnt-Fabien bèye pus de biè que d’étrain.

En djainvrie, an féte âchi les Angèle, les Basile, les Couchtant, les Édouard, les Rémi, les Vincent, les Virginie, èt peus bïn d’âtres.


Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

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Causerie de janvier

L’hiver est venu
Porté par la bise.
Il est bien fini
Le temps des cerises.
Sur les chaumes et les arbres gris
Grelottant, hiver est venu
Porté par la bise.

Il en est qui n’aiment pas l’hiver. Pourtant, quelle belle saison, lorsqu’en janvier la neige recouvre les pâturages, les toits, les chemins. Qu’il fait bon se retrouver au chaud dans la grande pièce commune, à regarder les flocons descendre du ciel comme de petits morceaux de papier blanc. Qu’il fait bon se réunir pour une partie de cartes ou pour prêter l’oreille aux histoires d’autrefois que content les anciens.

Fleur de janvier ne va pas au panier.
Neige de janvier vaut du fumier.
Neige de janvier, riche fermier.

En janvier, mieux vaut voir le loup dans les champs qu’un homme en bras de chemise.
Si les mouches dansent dans l’air de janvier, ménage le foin de ton grenier.

À la Saint-Sébastien, l’hiver s’en va ou bien revient.
Beau jour aux Rois, blé jusqu’au toit.
S’il gèle à la Saint-Raymond, l’hiver sera encore bien long.
Beau temps à la Saint-Guillaume donne plus de blé que de chaume.

En janvier, on fête également les Angèle, les Basile, les Constant, les Édouard, les Fabienne, les Rémi, les Vincent, les Virginie, et tant d’autres.

Remarque

Pour la besoins de la rime, on a
—  en français :
Beau temps à la Saint-Guillaume donne plus de blé que de chaume.
—  en patois :
Bé temps en la Sïnt-Fabien bèye pus de biè que d’étrain.

Guillaume et Fabien sont tous les deux des saints de janvier.

Même remarque pour le dicton :
Si les mouches dansent dans l’air de janvier, ménage le foin de ton grenier.
GRENIER : Bâtiment rural ou partie élevée d’un bâtiment rural où l’on conserve des céréales, du fourrage ou de la paille (TLF, Trésor de la langue française).