Publié : 12 mai

Glanure, suite

Yainnure (4)

Bernard Chapuis

Publié dans le Quotidien Jurassien le 12 mai 2017

Yainnure (4)

Glanure, suite

Begnat, beignet. Tiaind qu’an maindge les begnats des Fèyes â s’raye, an maindge les ûes de Paitçhe conte le foinnat. Quand on mange les beignets des Brandons au soleil, on mange les oeufs de Pâques contre le fourneau. Utilisé aussi dans le sens de “benêt”. T’és encoé pus begnat qu’i l’airôs craiyu. Tu es encore plus benêt que je ne l’aurais cru.

Beûyatte, braguette. Çhoûe tai beûyatte ! Ferme ta braguette ! Un beûyat est une chatière.

Boéré, harnais. Celui qui fabriquait les boérés s’appelait boérlie, équivalent de bourrelier. En patois contemporain, boéré désigne la ceinture de sécurité dans une voiture. Preuve de la vitalité du patois. È fât qu’i boteuche ci boéré ? Je dois mettre cette ceinture ? D’aivô ci boéré, i seus tot emboérlaie. Avec cette ceinture de sécurité, je suis tout empêtré, comme harnaché.

Boquèlle, crotte, pendeloque de bouse. Ces vaitches que r’veniant di voirdgie sont pieinnes de boquèlles. Ces vaches qui reviennent du verger sont pleines de crottes. Boquèlle désigne aussi la mèche tirée de l’amadou. È m’ fârait ïn pô d’ boquèlle po enfûe mai pipe. Il me faudrait un peu d’amadou pour allumer ma pipe.

Brelitçhes, lunettes. Prâte-me voûere tes brelitçhes, i aî rébiè les mïennes. Prête-moi donc tes lunettes, j’ai oublié les miennes. Apparenté à l’allemand die Brille et au français besicles.


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