Yannure (17)
Au charme des mots d’antan
biasse
blet, blette. Des poires biasses. Des poires blettes. Du verbe biassi, blesser. Biassi quéqu’un. Blesser quelqu’un. Dans la même famille, nous trouvons, biassure, blessure, contusion ; biassaint, blessant ; le biassenie, poirier sauvage dont le fruit est le biasson. Tiaind qu’an voit les étoénés voulaie tchu les biassenies, an dit qu’an ât en hèrbâ. Quand on voit les étourneaux voler sur les poiriers sauvages, on dit qu’on est en automne. (Simon Vatré)
raimèlle
se dit d’une vache pommelée, tachetée de rouge et de blanc. Note raimèlle, ç’ât ènne boinne béte. Notre vache pommelée est une bonne bête. (Simon Vatré).
vadge
Le mot désigne à la fois la contravention et celui qui l’inflige. Cent fraincs d’ vadge. Cent francs d’amende. Le garde est féminin en patois. Lai vadge fait sai toénèe. Le garde fait sa tournée. (Jean-Marie Moine). Vadgie, amender. I seus t’aivu vadgie poi l’ banvaid. J’ai été mis à l’amende par le garde champêtre. Vadge s’applique aussi au guet de nuit, dit également lai diaîdge. Dains l’ temps, tchétçhe v’laidge aivait sai diaîdge. Autrefois, chaque village avait son guet de nuit. Lai diaîdge tchaintait les hoûeres. Le guet de nuit parcourait les rues en chantant les heures.
glïnglïn
amourette, graminée dite aussi pain des oiseaux. On froisse les épillets pour les mâchonner. I ainme bïn maîtcheyie des glïnglïns. Le mot désigne également l’auriculaire, et survit avec cette acception en français régional. Le p’tit glinglin. La foire de décembre était appelée la foire du p’tit doigt, car les amoureux s’y promenaient en se tenant précisément par l’auriculaire.
chmoutsaie
embrasser. Ces dous-li, ès n’râtant pe d’se chmoutsaie. Ces deux-là ne cessent de s’embrasser.

