Publié : 27 décembre 2020

La sorcière

Lai dgenâtche

Jules Surdez, Micou

Patois de St Ursanne

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Micou, Michel Cerf raconte la sorcière

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La sorcière

(patois de Saint-Ursanne)

Il y avait une fois un garçon de Saint-Ursanne qui eut envie de courtiser une belle jeune fille qui s’était installée dans la ville, venant de lieux éloignés. Elle avait de beaux yeux, bleus comme des myosotis. Bien qu’elle ne dise pas d’où elle venait, elle fut engagée comme servante chez le Prévôt. C’était au printemps de l’année où les écrevisses du Doubs crevèrent toutes, où les souris rongèrent les prés jusqu’aux petites racines et où les taons dévorèrent les bêtes à cornes.
Les deux jeunes gens convinrent de se marier à la Saint-Martin. Le garçon, un bon valet, fut nommé sacristain. Il ne tarda pas à s’étonner en remarquant que la jeune fille ne sortait que le soir ou quand le temps était noir comme une mûre.
Un dimanche après-midi qu’ils étaient allés se promener vers le Moulin des Lavoirs et que le ciel était chargé, le soleil se mit à luire tout d’un coup. Le garçon fut rudement stupéfait de voir que sa fiancée n’avait pas d’ombre. Il fit vite un grand signe de croix et puis ne donna plus le bras à la jeune fille. Celle-ci poussa un cri, griffa le jeune garçon, lui arracha une touffe de cheveux et puis le poussa dans la rivière.
Par chance, celui-ci savait nager et il revint bien aisément sur la rive. La sorcière, car c’en était une, s’était enfuie. On trouva un grimoire dans son lit : la Clé de Salomon.