par Fleury Louis-Jos.
Publié dans le Quotidien Jurassien le 14 septembre 2023
Lôvraie
Fréquenter, c’est aussi avoir des relations amoureuses avec quelqu’un en vue du mariage. Ce sens particulier est présenté comme régional ou vieilli. Il est toujours d’usage en patois : lôvraie, allaie en lôvre.
È y en yun que dyait :
Tiaind qu’ nôs lôvrins, nôs étïns che sarrès qu’an n’airait p’ poéyu péssaie ènne aidyeuye entre nôs dous.
– Èt peus mit’naint ?
– Oh, mit’naint, an péss’rait d’aivô ïn tchie è étchiele.
*
Dains l’ temps, les tiuries ainnoncïnt les mairiaidges di hât d’ lai tchaïre :
« É y é promâsse de mairiaidge entre l’Amédée èt lai Djustine. Çtu que coégnétrait ïn empâche ât t’ni d’ m’en informaie. »
Èt peus mit’naint quéques provèrbes (Source : Jules Surdez).
È n’fât djemais ainmaie le soi qu’an ne poéyeuche désaimaie le maitïn.
È se fât brâment ainmaie devaint les naces po s’ainmaie ïn pô aiprès.
Ènne baîchatte que creuve d’envie de se mairiaie ainme se faire è prayie.
Le mairiaidge ç’ât ïn dgernie : les dgerènnes que sont feu bacquant po y entraie èt peus cées que sont dedains bacquant po en paitchi.
Mairiaie ènne dôbe po ses sos : les sôs s’en vaint, lai dôbe demoére.
Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

Fréquenter
Fréquenter, c’est aussi avoir des relations amoureuses avec quelqu’un en vue du mariage. Ce sens particulier est présenté comme régional ou vieilli. Il est toujours d’usage en patois : lôvraie, allaie en lôvre.
Un homme disait :
Quand nous fréquentions, nous étions si serrés qu’on n’aurait pas pu passer une aiguille entre nous deux.
– Et maintenant ?
– Oh, maintenant, on passerait avec un char à échelle.
*
Autrefois, les curés annonçaient les mariages du haut de la chaire :
« Il y a promesse de mariage entre Amédée et Justine. Celui qui connaîtrait un empêchement est tenu de m’en informer. »
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Et maintenant quelques proverbes (Source : Jules Surdez).
Il ne faut jamais aimer le soir qu’on ne puisse "désaimer" le matin.
Il faut beaucoup s’aimer avant les noces pour s’aimer un peu après.
Une fille qui crève d’envie de se marier aime à se faire prier.
Le mariage est un poulailler : les poules qui sont dehors piquent du bec pour y entrer et celles qui sont dedans piquent du bec pour en sortir.
Épouser une folle pour ses sous : les sous s’en vont, lai folle reste.
