Publié dans le Quotidien Jurassien le 13 mars 2025
Tchie-bridâ
Tchéque dûemoénne â soi, le Zidore poétche le sait poubèye dains l’ chari. È le botré chu l’ mairtchou yundi, d’vaint que d’ paitchi â traivaiye.
Ci maitïn, é r’maîrtçhe qu’ le sait ât aivu morfilè. Tot ïn tchaip’lat de p’tèts ptchus dâ laivou soûetchant des nentayures. « Po chur, ç’ât des raittes. Èlles sont r’venis â tchâd, ces crevures. Ç’ât cment l’an péssè. Ci soi, i veus tendre des traippes. »
Èl en é botè trâs d’aivô di fromaidge. Le lend’main, ènne raitte était prije, mains èlle vétyait encoé. Èlle tchaimbèyait, raivoétait le Zidore de ses dous p’tèts l’oeûyes ronds èt sannait le chuppyiyaie. Èl en eut pidie. È n’è p’aivu l’ tiûere d’ lai tyuaie. Èl é détenju lai traippe èt yi é r’bèyie sai libretè. Lai raitte é fait trâs bonds èt èlle é dichpairu.
Zidore n’é pus d’raittes dains son chari, â moins djuqu’â protchain huvie.
Notes
Tchie-bridâ, liberté (Vatré)
l’ mairtchou, le trottoir
morfilè, grignoté
Èlle tchaimbèyait, elle gigotait
Ecouter la chronique lue par Bernard Chapuis

Liberté
Chaque dimanche soir, Zidore dépose le sac poubelle dans le hangar. Il le mettra sur le trottoir lundi, avant de partir au travail.
Ce matin, il remarque, que le sac a été grignoté. Tout un chapelet de petits trous par lesquels sortent des déchets. « Ce sont certainement des souris. Elles sont venues au chaud, ces sales bêtes. C’est comme l’année passée. Ce soir, je tendrai des trappes. »
Il en a posé trois avec du fromage. Le lendemain, une souris était prise, mais elle vivait encore. Elle gigotait, regardait Zidore de ses deux petits yeux ronds et semblait le supplier. Il en eut pitié. Il n’eut pas le cœur de l’achever. Il détendit la trappe et lui rendit sa liberté. La souris fit trois bonds et disparut.
Zidore n’a plus de souris dans son hangar, du moins jusqu’au prochain hiver.
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